Ernest Lévesque (1938-2003)
RNS EcuLPteur ÉcLaTé
MAGAZIN'ART
- 17e
année, No 3 - Printemps 2005
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« Les artistes sont comme des oiseaux
Tombés du ciel sans ailes
Ne faut pas les ramasser
Ils sont le trait d’union
Entre l'humain et le spirituel »
Personnage aussi coloré que ses œuvres, Ernest Lévesque, natif du Nouveau-Brunswick, n’a que 5 ans lorsque ses parents déménagent à Pierreville. Il passera toute sa vie dans cette municipalité du Bas-Saint-François. Homme habile et ingénieux, il sera tour à tour menuisier, président d’une compagnie de construction et conseiller syndical.
L’approche de l’an 2000, marquera le point de départ de sa carrière artistique. Il se souvient qu’en 1950 alors qu’il était à la petite école, un conférencier, expliquant l’importance du demi-siècle, avait fait réaliser aux enfants que plusieurs d’entre eux verraient le prochain millénaire. En 1996, alors qu’on commence à parler de plus en plus de ce point tournant du calendrier, Ernest cherche un moyen de fêter dignement ce " moment symbolique " . Il élabore un vaste projet de fête de village. Il souhaite participer à la relance touristique de Pierreville en réunissant, avec la collaboration des organismes locaux, toutes les générations couvrant la période de 1900 à 2000, pour faire découvrir aux jeunes la vie de leurs ancêtres.
Constatant le manque d’appuis à son ambitieux projet, il décide de réécrire son scénario et de le présenter sur son propre terrain. Il se sent investi d’une mission. À partir de 1998, profitant de sa retraite, il se consacre entièrement à ses recherches historiques et à son " Histoire fleurie 2 mil ". Ernest créera quinze installations horticoles, florales et artistiques racontant la vie de ses ancêtres et de son village. Il ouvre son jardin au grand public en juillet 2000 et l’anime par ses visites guidées. Il se présente comme " RNS, ScuLPteur ÉcLaté sur bois, créateur d’un jardin fleuri et de personnages tricotés en branches, vétéran du temps, conteur de ses œuvres et raconteur du patrimoine ". Il termine la visite en offrant aux visiteurs du thé et les bonnes galettes de sa femme.
Au cours du même été, cet artiste polyvalent réunira plusieurs de ses notes manuscrites dans un grand cahier intitulé : 100 ans d’Histoire, 1900 – 2 mil, où il relate l’histoire de sa famille à partir de sa grand-mère amérindienne – Micmac –
et de son grand-père irlandais, ainsi que les faits marquants de Pierreville avec des détails anecdotiques sur plusieurs de ses personnages.
Une partie de mes aventures
Présentée en sculptures
Et en écritures…
Je porte dans mes yeux
le village de ma vie…
Tout se bouscule
se précise à chaque pièce…
Une fois terminée cette année de festivités, il poursuit son œuvre. Prenant de plus en plus de plaisir à la sculpture, il réalise une série d’environ 36 personnages grandeur nature, drôles et attachants, représentant sa famille et son village. Viennent ensuite les oies, les canes et de nombreux totems sur le thème : " le chemin de la sagesse du Grand esprit indien ".
Jusqu’à son décès en novembre 2003, il participera à de nombreuses expositions à Victoriaville, Contrecoeur, Cap-de-la-Madeleine et au Village d’Antan à Drummondville. La station de télévision communautaire Cogéco de Trois-Rivières lui consacre même un émission. Très attaché à ses sculptures, RNS refuse généralement de s’en départir, sauf pour quelques rares amis.
Robert et Michelle Picard
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