Depuis bientôt 35 ans, Michelle Sauriol réinvente sa propre version de la modernité. Son style mélange les formes ouvertes du cubisme avec des plans de couleurs vives hérités de Matisse. Mais pas de violence gratuite, ni de volupté excessive dans ce travail où les maternités et le couple osent encore faire une apparition. Michelle peint le plus souvent des êtres fragiles qui se reconstruisent un profil à l'aide de la syntaxe discontinue de notre temps. Ses plans soigneusement dégradés, ses taches de couleur, ainsi que des pétales déchirés, et ses arabesques réunifient souvent un monde brisé. C'est bien, en effet, contre la maladie et l'internement que l'artiste, en authentique autodidacte, a su conquérir son métier. De ce rude apprentissage découle un sentiment d'inquiétude, mais aussi de paix retrouvée qui n'appartient qu'à elle. Quelquefois Michelle s'est amusée des prétentions académiques et «radical chic» de l'art actuel : la série des mécontemporaines, avec leur garde-barrière et leurs nus confrontés à des espaces hostiles. Michelle produit peu, quelques rares toiles par année soigneusement encadrées par ses soins. La peinture est avant tout pour elle un acte de résistance passive autant qu'une aventure intérieure. Déjà présente dans des collections québécoises et européennes, Michelle Sauriol vient d'ouvrir son propre espace afin de se protéger des compromissions commerciales qu'encouragent les galeries marchandes
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