| Sanctuaire du Mont Senario Toile de Michelangelo Bedini (XXe s.) |
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Biographie
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| De la lignée des Laziosi Pérégrin est né à Forli vers l'an 1265. Il est fils unique et descendant de la lignée des Laziosi du côté paternel. Seule une tradition qui remonte aux premières décennies du XVIIe siècle (et donc difficilement contrôlable), identifie les parents du Saint sous les noms de Bérenger ["Berengario"] Laziosi et Flora ["Fiora"] des Aspini. |
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| Une rébellion à Forli (1282-83) L'épisode qui est à l'origine de sa vocation s'inscrit dans le cadre des soulèvements tumultueux dans lesquels il se trouve à Forli, au temps de l'interdit de Martin IV (26 mars 1282 - 1er septembre 1283). Comme on le sait, la ville est devenue la forteresse des Gibelins de la Romagne, après que, en 1277, les Gibelins, avec en tête Guido de Montefeltro, aient défait leurs concitoyens guelfes. Pour ramener la ville en son pouvoir, Martin IV demande l'aide de Charles d'Anjou (1254-1309), qui confie le commandement de l'armée à son capitaine Jean d'Epa. Vu la puissance de l'armée guelfe, les Forlivois envoient des ambassadeurs auprès du pape, qui se trouve alors à Orvieto. Par un jeu d'intrigues bien calculées, les ambassadeurs ne sont pas immédiatement admis en présence du pape. Ainsi, Jean d'Epa gagne du temps et, à la vue des premiers succès, intime aux Gibelins l'ordre de se rendre. Devant le refus des Forlivois, Martin IV émet l'interdit de célébrer des messes et autres offices liturgiques en ville. |
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| Un rebelle repentant devant Philippe, artisan de paix En coïncidence justement avec ces faits racontés, on note la présence de saint Philippe Benizi, prieur général, peut-être en visite au couvent local. Un jour qu'il tente d'apaiser les esprits forlivois et de les ramener à la communion avec le Siège Apostolique, en d'autres mots, sous l'obéissance au pape, Philippe reçoit des coups et des injures et se voit chassé hors de la ville. Et Pérégrin, jeune homme de dix-huit ans à cette époque, est au nombre des rebelles. Mais la prière du Saint envers ses persécuteurs obtient la conversion du jeune Laziosi qui, touché par une telle attitude, rejoint saint Philippe pour se jeter en larmes à ses pieds et lui demander pardon. |
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| Un fait longtemps passé sous silence Sur cet événement de jeunesse du Saint -retenu comme inconvenant à son égard- déjà l'ancienne Légende semble avoir tiré un voile, en recourant à de pieux expédients. Par la suite, à compter du XVIe siècle, le fait est démenti explicitement par plusieurs. À dire vrai, il semble que même des composantes à caractère politique aient agi dans cette polémique. C'est ce que démontre la correspondance entretenue en 1672 entre le Conseil Communal de Forli et l'Index de Rome, au sujet d'une Vie de saint Philippe publiée l'année précédente par Giuseppe Grossi, de Piacenza. Dans cette correspondance, la révolte des Forlivois contre le pape et l'expulsion de saint Philippe sont définies comme "... une imposture faussement infligée ... surtout [pour] la foi jamais perdue de cette ville"! |
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| Une chronologie faussée par les hagiographes Par conséquent, pour ne pas impliquer Pérégrin dans le geste sacrilège de 1282-83, divers auteurs en déplacent la mort à 1402. Le premier des documents qui nous sont parvenus, dans lesquels est codifiée cette chronologie, est le Chronicon du frère Michel Poccianti (1567), qui déclare à son tour l'avoir tirée d'une tradition antérieure. Il est lui-même pour l'année 1402, en laissant entendre clairement cependant que ce report de la mort du Saint, est dû à la préoccupation de l'exclure de l'événement de 1282-83. Le Chronicon du frère M. Poccianti (1567) est également la première source, dans l'ordre du temps, qui nous informe sur la prédication de saint Philippe à Forli durant l'interdit, affirmant explicitement que Pérégrin était un de ceux qui malmenèrent le Saint. Comme il l'avait fait déjà pour la chronologie de 1402, M. Poccianti assure recueillir là encore une tradition vivante dans l'Ordre. Ce qui pourrait être confirmé indirectement par le fait que déjà depuis la fin du XIVe siècle, un motif iconographique représente saint Pérégrin à côté de saint Philippe. Après M. Poccianti, c'est l'Historia del b. Filippo du frère annaliste Arcangelo Giani (1604) qui rappelle l'expulsion de saint Philippe de Forli et le rôle qu'y joue le jeune Pérégrin Laziosi. À partir de ce moment-là, l'épisode est raconté par tous les biographes du Saint. Les Annales de l'Ordre (1618) en viennent même à affirmer -nous ne savons pas cependant avec quel degré de crédibilité- que Pérégrin giffla saint Philippe. Avec la première décennie du XVIe siècle, la chronologie courte (c'est-à-dire celle de 1345) prévaut indiscutablement. Les extrêmes 1265-1345, qui apparaissent pour la première fois dans le Flos florum de Thomas de Vérone (v.1592), deviennent ainsi officielles. Toutefois, c'est seulement de nos jours, à la suite des articles du canoniste forlivois Mgr Adamo Pasini (á1964), que des études à caractère scientifique conseillent d'accepter la chronologie de 1265-1345, tout en admettant que de tels extrêmes soient passibles d'une légère oscillation. Après la conversion L'entrée dans l'Ordre, à Sienne (1290-95) Un frère non prêtre, pénitent Un malade cancéreux (1325) La guérison, une nuit, près du Crucifié La mort (1345) |
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