Ma vasovasostomie
Juin 2004, j'ai subi une vasovasostomie. Celle-ci consiste à relier les canaux déférents à l'aide de la microchirurgie. L'opération s'est fait au centre Paul-Gilbert à Charny d'une duré de 45 minutes et sous anesthésie générale.
Voici un lien professionnel qui explique la vasovasostomie.
Le retour à la maison s'est fait dans la même journée. J'ai eu une prescription d'anti-douleur (Tylenol) et la prise d'antibiotique pour 4 jours (Cypro). Afin d'éviter la constipation, dues aux effets secondaires des médicaments, on m'avait prévenu de prendre un léger laxatif tel que Métamucil durant les premiers jours.
Mon chirurgien m'avait donné 10 jours de convalescence à la maison. Pendant ces 10 jours, je devais faire attention à mes déplacements et alterner entre assis, debout et couché. Lors des 10 premiers jours s'était très difficile de se lever du à de forte douleur à l'aine qui m'empêchait de me déplacer normalement. Il fallait mettre beaucoup de glace sur le scrotum pendant 20 minutes à toutes les heures pour minimiser l'inflammation. Petit truc pour les futures re brancher, je m'étais acheté 5 sacs de gèle recyclable à mettre dans le congélateur. Je les enroulais d'une serviette à vaisselle sec ou légèrement humide pour avoir une sensation de froid sur le scrotum. Ne pas mettre les sacs directement sur la peau, ça pourrait vous irriter la peau.
Dès la 3ièmes journée, l'inflammation a pris le dessus sur la glace. J'avais les testicules et les épididymes enflés et douloureux comme lors des premiers jours après ma vasectomie. Je n'étais pas trop découragé de ressentir cette douleur car je m'y étais préparé psychologiquement. Selon des témoignages, certaines personnes pouvaient déjà ressentir moins de douleur à ce stade ci. De mon coté c'était pire que jamais. Jean s'est fait reconnecter deux jours après moi. Donc on gardait contact afin de partager l'évolution de chacun.
Voici une image de la coupure laissé par le chirurgien. Elle est d'un centimètre et demi. Du beau travail. Certain peuvent avoir une cicatrice d'un à 3 pouces pour le même type d'opération.

À la sixième journée je commençais à douter de l'opération. Je sentais deux grosses boules évoluées sur chaque site de l'opération. J'avais peur que ces boules puissent nuire à l'opération. Donc j'ai appelé à la clinique et c'est à ce moment que j'ai appris que mon chirurgien était en arrêt de travail. J'ai du consulter d'urgence un autre urologue, de la même clinique, qui accepta de me rencontrer.
Lors de la rencontre avec cet urologue, j'ai été fort surpris du bel accueil et du désire de s'occuper de moi. Il a pris le temps de discuter avec moi et de m'examiner. Il était lui même un chirurgien et il avait la coutume de traiter des gens souffrant de douleur post vasectomie. Si j'avais connu cet urologue dès le début je n'aurais pas souffert pendant deux ans. C'est le seul urologue qui m'avouait d'avoir rencontré au moins une dizaine de cas souffrant de douleur post vasectomie par année. Cette rencontre fut très rassurante de savoir que je pouvais maintenant compter sur quelqu'un. En fin de compte mes deux boules étaient deux hématomes d'une grosseur d'une olive. Selon lui, ces boules vont se résorber avec le temps.
J'ai commencé à mieux me déplacer après un mois. J'avais souvent des douleurs à l'haine et très constante. J'avais toujours d'énorme douleurs aux testicules. Je ne voyais pas grand progrès. Pendant le premier mois j'ai eu de drôle d'effet secondaire mais je ne sais pas à quoi les relier. À tous les jours, je pouvais aller à la selle 6 fois par jours pendant deux mois. J'ai immédiatement pensé à une contamination à la C difficile. J'ai consulté mais aucun médecin ne faisait de lien direct avec l'opération.
Afin de soulager la douleur, j’ai eu droit à deux infiltrations à la marcaine dans le testicules gauche. C’était le plus sensible. Le principe de l’infiltration est de neutraliser le flux nerveux qui voyage la douleur au cerveau. Sur le coup de l’infiltration le testicule devenait gelé à ne plus ressentir de douleur même si tu le pinçait avec une forte pression. Cette sensation s’estompe après quelques heures. L’urologue m’a avisé que je pouvais avoir de très forte sensation de douleur par la suite mais que le tout devrait rentrer dans l’ordre. J’ai eu droit à ma seconde infiltration 3 semaines plus tard. Celle-ci fut la bonne et j’ai été exempté de douleur pendant une semaine. Par la suite la douleur est revenue mais pas mal moins intense que d’habitude. J’ai décidé d’arrêter les infiltrations lorsque j’ai su par la bande que ça pouvait avoir des effets contraires aux soulagements… Il n’y a donc pas de solution facile.
Entre-temps j'ai commencé à consulter un ostéopathe pour mes problèmes de dos. Cette personne me souligne que mes douleurs aux testicules peuvent aussi provenir de la colonne vertébrale. Dans mon cas, c’est difficile à cerner.
Après 3 mois, mes douleurs aux testicules se faisaient plus rare. J'ai commencé à travailler plus physiquement à la maison. L'intérêt de réaliser des projets me trottinait de plus en plus dans la tête. Voici un indice que l'opération fut probablement un succès. Cependant mes douleurs à la jambe gauche étaient toujours présentes.
Le temps est venu de s'assurer que l'opération avait bien réussis. J'ai du passer un spermogramme au CHUL de Québec. Cette vérification permet de confirmer si les canaux ont bien reconnectés et que les spermatozoïdes voyagent normalement des testicules aux vésicules séminales. Il se peut que pendant les deux dernières années qu'il y ait eu un blocage dans l'épididyme ou dans les canaux ne permettant plus les spermatozoïdes de voyager à leurs aises. Dans certain cas, les canaux se referme naturellement. Si cela arrivait, la vasovasostomie aura été une opération inutile pour moi, même si les canaux étaient bien soudés.
J'ai expérimenté pour la deuxième fois un produit naturel nommé KRILLEX. Les propriétés de ce produit sont très surprenante et j'y croyait fermement. J'avais lu que le produit pouvait stabiliser mon système immunitaire en espérant qu'il puisse mieux tolérer mes spermatozoïdes. Cependant, après essai, je crois que j'ai été un rat de laboratoire pour ce produit car l'effet n'était pas celui voulu. Après deux semaines d'utilisation, de ce produit, l'inflammation et les douleurs à l'épididyme revenaient me hanter de nouveau. C'est difficile à expliquer mais on dirait qu'au lieu de stabiliser mon système immunitaire, il faisait en sorte d'augmenter ma production de spermatozoïdes et que la réaction auto-immune se faisait re sentir de nouveau. J'ai arrêté le produit depuis deux semaines et me voilà revenu à la normale... Je me promet de ré essayer d'ici deux mois afin de confirmer mon expérience.
Deux mois plus tard, j'ai reçu mes résultats de mon spermogramme. Le résultat est positif ce qui signifie que les reconnections ont été fait avec succès. Cependant, je me demande comment font-ils pour s'assurer que les 2 cotés ont bien été reconnectés. Car il m'arrive d'avoir encore de légère douleur du coté gauche. En tout cas, les spermatozoïdes voyagent de nouveau ce qui est une bonne nouvelle pour mon organisme.
Ceci est presque la fin de ma terrible mésaventure que j'ai enduré près de 3 ans. Je ne sais guère si je vais rester avec des séquelles. Je peux vous assurer que le pire est passé. Par contre, je suis resté avec mes vieilles habitudes d'avoir toujours peur de recevoir un simple touché dans les parties. Imaginez-vous d'avoir enduré des douleurs pendant 3 ans dans le secteur le plus fragile de l'homme. C'est très difficile de retourner à la vie normale. Je suis même inquiet de recommencer à reprendre mes activités... Ça ne fait plus parti de mes réflexes. C'est une vraie réhabilitation que je suis en train de vivre...
Pour tout commentaire écrivez moi à Vasectomie@hotmail.com
Dernière mise à jour de cette page 13 août 2005