D'une grande valeur historique, ces pierres appelées «silex» sont arrivées dans les ports de l’est du Canada, Québec, Trois-Rivières, Montréal et ailleurs, sous forme de lest servant à compléter le chargement pour l’équilibre des grands voiliers des 18me et 19me siècles. Elles se présentent sous forme de galets et de blocs roulés par l’érosion des eaux. Elles devaient être recueillies sur les plages aux environs des ports des côtes d’Écosse et autres endroits du littoral est de l’Angleterre.

Le silex bleu-noir et brun-noir est semblable à celui des pierres à fusil fabriquées à Brandon dans le Suffolk ; celui de couleur blond, gris-blond, jaunâtre et gris même s’il ressemble au silex d’origine française des côtes de la Manche, peut aussi provenir d’Angleterre, les formations géologiques des deux pays étant semblables de chaque côté du littoral de cette mer. Il est aussi certain que les navires français ont utilisés comme lest et transporté des galets de silex dans les port du Québec pendant le régime français. Ce silex employé comme lest devenant inutile parvenu à destination des navires était jeté sur les terrains environnant les ports à des endroits désignés par les autorités portuaires. Ce silex européen était par la suite remplacé par des chargements de bois (mélèze, orme, chêne) destinés à nos cousins d'Europe.

Pierre très dure et cassante, le silex taillé produit des fragments aux arètes aussi tranchantes que des lames de rasoir. Aussi, les Amérindiens utilisèrent-ils ces pierres siliceuses pour en faire des têtes de flèches, des couteaux, des grattoirs et des pointes de lances dont les vestiges furent découverts particulièrement à Québec et en Haute Mauricie lors de fouilles archéologiques sur d'anciens sites amérindiens.

Recherches :
René Dubé, géologue
René Ribes, archéologue
 


Les pierres de silex ont été transportées sur les rives du St-Laurent
par les grands voiliers aux XVIIIme et XIXme siècles