Le parler Acadien


Comme dans toutes les cultures, la langue est étroitement liée à l'identité acadienne. Le français acadien est la variété qui est parlée dans les provinces de l'est du Canada. Il est, avec le français québécois, l'une des deux variétés d'origines du français canadien.

Le caractère particulier du français acadien et son statut actuel sont le résultat de nombreux facteurs d'ordre historique, politique et social qui ont marqué la communauté de langue française qui vit aujourd'hui en Acadie et à laquelle a donné naissance un groupe de colons venus de France dans la première moitié du 17e siècle.

Plusieurs facteurs ont agi sur le développement du français acadien, dont l'éclatement de la communauté acadienne en 1755 par le biais du Grand Dérangement, l'isolement géographique qui s'ensuivit, l'absence de droits linguistiques pendant plus d'un siècle et, bien sûr, le voisinage d'une forte majorité anglophone souvent hostile et peu ouverte au fait français. La langue parlée par les Acadiens (le français acadien) est distinct du français standard et du français québécois.

Le parler de la Sagouine, ce personnage célèbre de l'écrivaine Antonine Maillet, est devenu un genre d'archétype de la langue acadienne. Or, contrairement à la croyance populaire, le parler de La Sagouine constitue un accent acadien parmi tant d'autres. En réalité, l'accent de La Sagouine est peu représentatif du français acadien moderne.

Le français acadien du Nouveau-Brunswick est riche de plusieurs parlers régionaux. Dans le nord-ouest et le nord-est de la province, vu la proximité géographique du Québec, il y a une nette influence québécoise sur la langue. Puisque les Acadiens de ces deux régions sont à forte majorité francophone, leur usage de mots anglais est plutôt rare.

Le parler du sud-est du Nouveau-Brunswick est le plus représentatif du français acadien. On y retrouve deux parlers distincts : le premier est traditionnel, et le second, le chiac, est le parler de la nouvelle génération acadienne. Ce dernier est le résultat des nombreux contacts avec la communauté anglophone, surtout dans le milieu urbain de Moncton. Langue urbaine, le chiac se caractérise par le mélange du français, de l'anglais et du vieux français.

La zone linguistique la plus homogène se trouve dans les régions acadiennes des provinces Maritimes où le nombre élevé de locuteurs francophones favorise sa vitalité linguistique.


Termes vieillis dont l'usage est encore courant dans certaines régions acadiennes :
Zire
Provoquer le dégoût ; Ça fait zire, faire zire. Il y a aussi l'adjectif zirable dans le sens de répugnant, dégoûtant (en parlant de quelqu'un ou de quelque chose) ; C'est zirable.
Hardes
Vêtements, neufs ou vieux ; Les hardes du dimanche ; Hardes de dessous (sous-vêtements) ; Ligne à hardes (corde à linge).

Certains mots, très répandus en Acadie, laissent supposer une origine très précise dans l'Ouest de la France :
Bâsir
Aller, partir, disparaître, souvent de manière subite.
Bouchure
Clôture ; Poteaux de bouchure, bouchure de roches, sauter la bouchure. Le sens de « haie vive » a été attesté comme régionalisme (patois) dans l'ouest et Centre de la France.
Chalin
1: Éclair de chaleur, sans tonnerre ; Un feu chalin.
2: Lourd, étouffant, en parlant du temps ; Le temps est chalin.

Certains termes ont gardé le sens maritime, en devenant tout simplement un terme d'usage général :
Noroît
Vent qui souffle du Nord-ouest.

D'autres termes ont évolué sémantiquement pour davantage représenter une réalité qui n'avait plus nécessairement de rapport avec la vie des marins :
Amarre
Toute corde, ficelle, câble servant à lier, à attacher ; Amarre de souliers ; Attacher un piquet avec une amarre.


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