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Frédéric-Eugène 

   1769-1796

Frédéric-Eugène

Friedrich Eugen

 (* le 21 janvier 1732 à Stuttgart; + le 23 décembre 1797 à Hohenheim)

 

Il était de 1795 jusqu'à 1797 le quatorzième duc du Wurtemberg. Il était le troisième fils du duc Karl Alessandro von Württemberg et Maria Augusta von Thurn et Taxi. Ses frères plus âgés étaient Karl Eugen et Ludwig Eugen. Il visite la France et adore la cour. Il attend de Louis XV une promotion militaire. Devant le refus de celui-ci, il propose ses services au roi de Prusse. En 1749 il devient colonel dans l’armée prussienne. Le 29 novembre 1753 il se marie avec la nièce du roi Friedrich II de Prusse Sophie Dorothée von Brandenburg-Schwedt. En 1759, il est déjà général que naît son deuxième enfant, sa fille Sophie Dorothée qui deviendra plus tard tsarine. En 1769 pour Text Box:  
Sophie Dorothée von Brandenburg-Schwedt

des raisons de santé, lui et sa famille se fixe à Montbéliard. La révolution française le forcera à fuir Montbéliard. Il décède le 23 décembre 1797.

 


1769

Frédéric-Eugène, gouverneur de Montbéliard

 

 

23 août - Naissance à Montbéliard du savant Georges Cuvier (1769-1832), père de la paléontologie moderne.

Fils de Jean Georges Cuvier et de Anne Clémence Catherine Chatel

 

(Le texte ci-dessous a été tiré du site web de Montbéliard (2005))

Jean Léopold Frédéric Cuvier, dit Georges se fait remarquer par son intelligence exceptionnelle dès sa plus jeune enfance. Deuxième enfant d'une vieille famille bourgeoise et protestante de Montbéliard, il entre à l'école primaire dès l'âge de quatre ans. Ses parents et surtout sa mère Anne-Clémence ont décidé que le petit Georges serait pasteur comme ses ancêtres et ses proches parents.

 

En vacances chez l'un de ses oncles à Roche-les-Blamont, il découvre les planches de "L'histoire naturelle" de Buffon. Il se passionne alors pour les dessins d'animaux et créé avec ses camarades de collège, un petit groupe d'étude et de discussion. Il est alors l'un des plus brillants élèves du collège. A 14 ans, classé 3ème à la sortie de ses études, il ne peut obtenir la bourse accordée aux deux premiers. Son espoir de suivre des études supérieures de théologie à Tubingen s'envole. Cuvier ne sera pas pasteur.

 

Cuvier redouble alors sa dernière classe. Ses dispositions sont remarquées par le duc Charles-Eugène de Wurtemberg qui décide de le prendre sous sa protection et l'envoie dans son académie de Stuttgart. Georges Cuvier qui n'a alors que 15 ans, va étudier la botanique, la chimie, la zoologie et apprend à disséquer. Il se met à classer les plantes et les insectes qu'il ramasse au cours de ses promenades et réunit toutes ses observations dans des cahiers nommés "Diarium Zoologicum".

 

Ses études terminées, Georges Cuvier devient précepteur de la famille Héricy en Normandie. Parallèlement au préceptorat, il poursuit son travail de recherche et dissèque oiseaux, papillons et araignées. Au Club Patriotique de Fécamp, il rencontre l'abbé Tessier qui le met en relation avec les savants parisiens de l'époque.

 

En 1795, Cuvier devient professeur à l'école centrale du Panthéon. Il devient le plus grand scientifique de son temps. En 1802, il est au sommet de sa carrière. Il est professeur titulaire des deux plus grandes écoles de France : le Collège de France et le Muséum. Il est membre de 120 académies ou sociétés savantes françaises et étrangères. Il multiplie les publications.

 

.Le 2 février.1804, il épouse Anne Marie COQUET  de TRAZAIL, née en 1764, veuve de Louis Philippe DUVAUCEL, fermier général guillotiné en 1794. Ils auront 4 enfants dont 3 morts en bas-âge. Georges est fait Baron en 1820.

 

Le 13 mai 1832, Georges Cuvier meurt des suites du choléra

 

 

1770

Construction du château d’Etupes

Résidence d'été du duc Frédéric-Eugène de Wurtemberg

La grande grille en fer forgé accrochée aux pilastres surmontés de statues, les jardins descendant jusqu'à l'Allan… Et au premier, les appartements du prince Frédéric-Eugène et de son épouse Sophie Dorothée de Brandebourg… Au total trente-cinq appartements, 55 chambres et une salle de bains sous les combles, sans compter 15 autres chambres pour les domestiques.

 

La construction du château fut dirigée par Georges-Louis Morel, géomètre montbéliardais

 

La destruction du château:  suite à la Révolution, la principauté de Montbéliard fut réunie à la France le 10 octobre 1793. Le château d’Etupes fut saisi comme Bien National; il fut proposé d'y installer un hôpital pour l'Armée du Rhin; mais la Convention en décida la destruction pour « effacer l'odieux symbole des tyrans et des despotes ». Le bien fut adjugé 24 000 francs en 1797 à un belfortain, Christophe Antonin, qui le revendit. Il fut détruit en 1801, probablement pour le commerce des matériaux.

 

6 mai – naissance à la cour de Montbéliard de Charles-Frederic-Henri.

Toute la ville est illuminée et les corps de métiers viennent féliciter « leurs maîtres »

 

Fin novembre – Le château d’Etupes est prêt à recevoir

18 décembre – Charles-Eugène et son frère sont au château d’Etupes ainsi que la baronne d’Oberkirch* et son père.

* voir année 1775

 

 

1771

24 avril – Nouvelle naissance à la cour de Montbéliard et nouvelle fête

 

 

1773

Création près de Montbéliard d’une fabrique d’horlogerie par Frédéric Japy*

 

En 1773 également, Frédéric Japy épouse Catherine Marguerite Amstutz, une fille de fermier. Sur les insistances de celle-ci, Frédéric installe son atelier dans la ferme de son beau-père, à « La Grange-la-Dame », près de Montbéliard. Mais il se heurte bientôt à l'hostilité des horlogers montbéliardais lorsque ceux-ci réalisent que Japy produit des milliers d’ébauches par an alors qu’eux ne peuvent en produire que 24. Devant cette hostilité, Frédéric Japy construira une autre fabrique à Beaucourt en 1777

 

(Le texte ci-dessous a été tiré du site web de Montbéliard (2005))

*Frédéric Japy est né à Beaucourt le 22 mai 1749. Dès son enfance, son intérêt se porte sur la jeune et prometteuse industrie horlogère jurassienne. Ainsi, après avoir reçu une bonne instruction à Beaucourt puis à Montbéliard, il part en apprentissage au Locle auprès d’un artisan horloger. Deux années plus tard, il devient ouvrier dans l’atelier d’un mécanicien inventeur, Jean-Jacques Jeanneret-Gris. Cette rencontre est déterminante pour sa réussite professionnelle puisqu’il y découvre un matériel novateur qui préfigure le principe de la machine-outil.

 

De retour chez son père, il est guidé par un rêve unique : construire sa propre fabrique d’ébauches d’horloges au moyen de machines-outils. Dès 1773, son mariage avec Suzanne-Catherine Amstoutz lui donne d’ailleurs la possibilité de transférer ses activités horlogères dans l’un des bâtiments de son beau-père. Enfin, en 1777, il crée sa propre fabrique à Beaucourt. Son entreprise prend très vite de l’ampleur : sa production passe de 2400 ébauches en 1780 à 12 700 en 1806. Ses trois fils héritent de ce succès dès 1806, lorsqu’ils prennent la tête de l’entreprise : ils décident alors d’étendre et de diversifier les activités en produisant des ébauches de pendules à Badevel dès 1810 et en créant une usine de production de vis à bois à la Feschotte en 1811. La renommée de l’horlogerie Japy devient bientôt internationale.

Affecté par la mort de sa femme, Frédéric Japy décède à son tour le 23 janvier 1812.

 

Construction de l’Hôtel Beurnier-Rossel, hôtel particulier à la composition d'ensemble caractéristique des demeures bâloises, construit en 1773 par l'architecte Philippe de la Guêpière.

La Guêpière ou La Guespière. Famille d'architectes du XVIIIe siècle. Jacques, le plus anciennement connu, fut admis à l'Académie royale d'architecture en 1720 et mourut en 1744. Philippe, probablement fils du précédent, fut nommé architecte et directeur général des bâtiments du duc Charles-Eugène de Württemberg, pour lequel il projeta et fit construire plusieurs édifices à Stuttgart dont il donna des monographies en deux recueils différents : Plans, coupes et élévations de différents palais et églises (Paris, 1750, in-fol.); Recueil d'esquisses d'architecture (Paris, 1765, in-fol.). On doit aussi à Philippe de La Guêpière l'hôtel de ville de Montbéliard, la décoration intérieure de l'ancienne bibliothèque Sainte-Geneviève, le pavillon de la ménagerie du château de Sceaux, etc. Un frère de Philippe, Jacques-Benjamin, était architecte à Paris en 1775.

 

 

27 juin – Naissance à Montbéliard de Frédéric Cuvier, frère de Georges.

Zoologiste et paléontologiste, auteur de « Histoire des cétacés ».

Fils de Jean Georges Cuvier et de Anne Clémence Catherine Chatel

Il commence son apprentissage d'horloger avant d'être appelé par son frère. En 1797, il vient à Paris où il suit des cours de physique, de chimie et d'histoire naturelle Le 30.12.1802, il épouse Christine Charlotte MACLER, née à Sarrebruck, fille d'un pasteur de Montbéliard. Christine décède l'année suivante après avoir mis un garçon au monde. Frédéric prend, en 1804, la direction de la ménagerie du Muséum. Frédéric décède le 24.07.1838 à Strasbourg 

 

 

 

1774

10 mai - Mort de Louis XV et début du règne de Louis XVI

 

 

1775

Automne - Le ministre protestant Jean-Gaspard Lavater de la ville de Zurich est en visite au château d’Etupes. Outre les princes de Montbéliard il rencontre la baronne d’Oberkirck* dont il tiendra une correspondance. Il y parle de sa passion : connaître le caractère des humains par le profil de leur visage. (La morphopsychologie)

 

Jean-Gaspard Lavater est né à Zurich en 1740, pasteur, il a publié un grand nombre d’ouvrages où il proposait une méthode « la morphopsychologie » pour identifier le caractère des individus à partir de l’observation de la mobilité du visage. Les princes de Montbéliard ne juraient que par lui. Il mourut en 1801 d’une blessure reçue à la prise de Zurich.

 

Dans ces années 1770, Montbéliard recevait tous les courants de pensée, allemands ou français. Goethe comme Daniel Bernoulli

 

* La baronne d’Oberkirk passa sa jeunesse dans la principauté de Montbéliard. Elle se lia d’amitié avec Dorothée qui allait devenir Tsarine. La baronne écrit en 1789 ses mémoires. Elle est alors âgée de 35 ans. Ses mémoires sont d’une écriture suave. Elles seront publiées une première fois par son petit-fils. La baronne décède à Strasbourg en 1803 âgée seulement de 49 ans.

 

 

1776

Fin février – Inondation à Montbéliard

 

21 septembre – P.F. Verner, dessinateur et bourgeois de Montbéliard écrit une lettre qu’il mettra dans la boule de fer blanc qui surmonte la tour rouge du château.

Cette lettre signée également par Georges Frédéric Resse, David Nicolas Merot 62 ans, Léopold-Emmanuel Monin 42 ans, Jean-Georges Monin 18 ans, Jacques Dessert 40 ans et David Nicolas Faust, tailleur de pierre et maçon. Elle fut trouvée lors d’une réparation faite le 22 septembre 1882. Superbe témoignage des artisans de l’époque où l’on apprend entre autre que « l’année a été très fertile, le blé ne valant que 56 sols la quarte*, le boige (sic) 20 sols, les pommes de terre 12 sols et le bon vin blanc 10 sols le pots*.»

*Quarte (mesure de grains) = 13 litres, pots (mesure de liquide) = aussi 13 litres

 

26 septembre à St-Petersbourg, Russie –

Mariage de Sophie-Dorothée de Montbéliard avec le Grand Duc Paul

Le Grand duc Paul Petrovitch (1754-1801), fils de l'illustre Catherine II, marié à 19 ans, veuf sans enfant à 21 ans, était venu* en 1776 chercher à Montbéliard, en grandes pompes, pour en faire sa nouvelle épouse, la princesse Sophie-Dorothée de Wurtemberg-Montbéliard qui vivait au château d'Etupes. Sophie prit en Russie la religion orthodoxe et le nom de Maria Feodorovna, et devint tsarine le 1er novembre 1796. Elle donna à la dynastie cinq filles et quatre garçons, dont les futurs tsars Alexandre 1er et Nicolas 1er.

Quand au duc, devenu le Tsar Paul 1er il fut assassiné le 23 mars 1801

 

* mariage arrangé par sa mère La Grande Catherine de Russie. Sa première épouse Wilhelmina de Hesse-Darmatadt décéda en donna naissance à un enfant en 1775. Déjà à cette époque Paul Romanov soupçonnait sa mère de vouloir l’assassiner

 

 

 

1778

Finition de l’hôtel de ville de Montbéliard sous l'oeil vigilant de Georges-Louis Morel, inspecteur des bâtiments princiers du Comté de Montbéliard qui avait repris le travail du défunt architecte Philippe de La Guépière

 

 

1780

Novembre - L’abbé Raynal est de passage à Montbéliard. Il arrivait de Genève où il avait fait imprimer une nouvelle édition* de son livre Histoire philosophique des Indes. Il en parle avec la baronne d’Oberkirck, mais sans succès.

Dans son livre, l’abbé Raynal (Guillaume-Thomas Raynal (1713-1796)) dénonce vigoureusement la traite des noirs.  Le parlement prononce un arrêt. Le livre est brûlé le 29 mai 1781 et l’abbé Raynal est obligé de quitter la France. Réhabilité en 1791

 

* Edition encore plus virulente que les deux précédentes. L'ouvrage est donc condamné par le Parlement de Paris et brûlé par le bourreau en place publique. Le livre connait un succès considérable. Raynal, menacé, est obligé de s'enfuir, il quitte donc la France pour la Prusse et la Suisse.

 

 

1781

7 août. Visite éclair de l’empereur d’Autriche, Joseph II (1741-1790), frère de Marie-Antoinette, sous le nom du comte de Falkenstein à Montbéliard. Le lendemain visite du château d’Etupes et le 9 l’empereur quitte la région.

Joseph II alla d’abord à l’hôtel du Lion Rouge de Montbéliard, dont le propriétaire était Isaac Surleau. Pour la petite histoire, Joseph II fut frappé par la note peu élevée de son repas. Il demanda à Isaac Surleau*, combien celui-ci avait d’enfants. « - Huit, lui répondit Isaac. -Très bien, répondit l’empereur, voici huit ducats que vous leur remettrez de ma part. »

 

*Isaac Surleau (né le 8 juin 1736 à Montbéliard), qui fut boulanger, était le fils de Léopold Emmanuel Surleau, maitre bourgeois en chef et propriétaire du Lion Rouge. L’épouse de Isaac était Judith Vérenet. Les Surleau sont bourgeois de Montbéliard depuis le 18 mai 1648.

 


1782

Passage à Montbéliard du Grand Duc Paul, futur tsar Paul 1er et de son épouse Sophie-Dorothée*, fille du prince de Montbéliard.

 

*Maria Féodorovna (1759-1828), née Sophie Dorothée de Wurtemberg, épouse du tsar Paul Ier, mère d'Alexandre Ier et de Nicolas Ier, fut élevée en principauté de Montbéliard et garda des liens toujours fort avec cette région. Cependant, elle demeure grande-duchesse puis impératrice de Russie. Témoin et acteur d'événements comme la Révolution française, le régicide du 11 mars 1801, l'épopée napoléonienne ou les troubles de décembre 1825, Maria Féodorovna décrira ces événements en les voyant au travers d'une idéologie conservatrice, alors dominante dans l'aristocratie européenne.

 

1 août – arrivée du couple au château d’Etupes

 

 

1783

21 janvier - Naissance à Montbéliard de Charles Léopold Laurillard (1783-1853)

Qui deviendra le dessinateur, peintre, de Georges Cuvier

 

 

1784

29 novembre – tremblement de terre dans le pays de Montbéliard

Dans les archives du château d'Héricourt on a retrouvé une lettre de 1784 qui révèle les dégâts importants causés par le tremblement de terre du 29 novembre de cette année : "… plusieurs lézardes considérables se sont ouvertes, tant au mur du château qu'à celui de la tour. La voûte de la porte d'entrée de la cour s'est affaissée. Il est à craindre qu'elle ne puisse pas résister cet hiver…"

 

 

1786

10 mars – Le duc de Charles Eugène de Wurtemberg nomme stathouder ou gouverneur à vie de la principauté de Montbéliard son frère cadet Frédéric Eugène , qui depuis 17 ans demeurait à Montbéliard comme simple particulier; et il mit à sa libre disposition la généralité des revenus tant du comté proprement dit de Montbéliard que des 9 seigneuries d'Héricourt, du Chatelot, de Blamont, de Clémont, de Granges, de Clerval, de Passavant, d'Horbourg et de Riquewihr, et en outre de la seigneurie de Franquemont en Suisse et du château de Sponeck, sur les bords du Rhin, dans les Brisgoux en Allemagne. Ces revenus s'élevaient en 1787 à la somme totale de 364 285 livres tournois; cela faisait à peu prés 1 000 livres par jour.

 

14 mai – Première montgolfière lancée à Montbéliard, au pied du château (les Petites Blanchisseries).

Construit par les enfants du prince, ce ballon  avait 12 pieds de haut sur 17 de circonférence. Le ballon tomba près de Voujeaucourt après une demi-heure de vol.

 

21 mai – agrandissement du comté de Montbéliard, accord entre Louis XVI et le duc de Wurtemberg (SHP 1890 p341)

 

 

1789

14 juillet Prise de la Bastille

4 août – l’Assemblée Constituante abolit tous les privilèges. Les habitants de la principauté de Montbéliard suivent l’exemple de la France et s’affranchissent des droits seigneuriaux. Dès lors, des revenus sont perdus pour le duc de Wurtemberg.

De la principauté de Montbéliard il ne reste proprement dit que le comté de Montbéliard. Les autres seigneuries sont déjà françaises.

 

26 août – « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen »

Du 20 au 26 août 1789, à Versailles, l'Assemblée nationale constituante, qui s'est substituée aux états généraux, discute et vote le texte de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui comprend 17 articles.

Article premier - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

 

 

1790

Le haut-fourneau de Chagey produit 700 tonnes de fonte et 150 tonnes de fer.

2 juin – en France, abolition de la noblesse, des titres et des armoiries

2 novembreles biens du clergé sont saisis

 

 

1792

15 avrilMandeure (Comté de Montbéliard) se proclame République indépendante. Elle prend la devise aquilla non capit muscas (l'aigle ne prend pas les mouches).

Mandeure sera annexée à la France le 19 octobre 1793 (voir cette date) et non le 10 octobre 1793.

27 avril - L’onde de choc de la Révolution française s’étend. Le duc Frédéric-Eugène et sa famille quittent leur château campagnard d’Etupes, pour rejoindre le Wurtemberg.

10 août – Prise des Tulleries et chute de la Monarchie française

1 septembre – Un groupe armé d’Héricourt essaye de prendre la ville de Montbéliard pour l’annexer à la France.

21 septembrela Première République Française est proclamée et entrée en fonction de la Convention Nationale.

La Première République qui va aller du 21 septembre 1792 au 18 mai 1804 est instaurée.

Elle se sépare en trois étapes : la Convention, le Directoire et le Consulat.

22 septembre - L'an I de la République française commence ce jour-là.

 

 

1793 

21 janvierLouis XVI est guillotiné. Le cousin du roi, l'ex-duc d'Orléans devenu Philippe Egalité, père du futur Louis-Philippe Ier avait fait partie de la majorité votant la mort. Marie-Antoinette sera guillotinée le 16 octobre 1793

 

10 avril – Le général Desprès Crassier (Jean Etienne Philibert de PREZ-de-CRASSIER 18 janvier 1733-6 juillet 1803), commandant de cinquième division de l’armée du Rhin envahi Montbéliard avec 200 gardes-nationaux et 16 gendarmes, sous les ordres du général Custine (1740-1793). Il prend possession au nom de la nation française du comté de Montbéliard. Il oppose les scellés au château, puis se retire. (Voir 28 août)

 

1 août Entrée en vigueur du nouveau système des poids et mesures, fondé sur la division décimale

28 août – Le général Adam Philippe Custine, qui avait donné l’ordre de prendre Montbéliard est guillotiné à Paris. Il meurt sur l'échafaud pour avoir perdu Condé et Mayence.

Ce même jour, le général de Prez-de-Crassier devient commandant en chef de l'Armée des Pyrénées occidentales. Ce dernier sera, lui aussi, arrêté puis détenu pendant 16 mois à Bayonne. Reconnu innocent, il prendra sa retraite le 17 juin 1796.

 

5 octobre - Le calendrier républicain est adopté.

10 octobre - (19 vendémiaire An II)En France, St-Just décrète la Terreur

A 6 heures du matin, la principauté de Montbéliard est annexée à la France. Accompagné par un millier de soldats républicains, de canons et de sans-culottes jurassiens, le Conventionnel Antoine Bernard dit de Saintes* prend pacifiquement possession de Montbéliard et de la principauté au nom de la République Française Une et Indivisible.

- Je vous apporte la Liberté ! Lança de Saintes
- La Liberté, Monsieur, répondit Sieur Ferrand, Maître Bourgeois de la ville, nous la connaissons depuis fort longtemps et aussi complète que possible.
- Taisez-vous, j'ai des cannons avec moi!

Quatre jours plus tard, la guillotine arrivait sur la place St-Martin.

 

*Andrien  Antoine Bernard (dit Bernard de Saintes : Bernard était en 1791, président du tribunal de Saintes, d’où son sunom : Bernard de Saintes.)

Né à Corme-Royal (Charente-Maritine) le 21 juin 1751, mort à Funchal le 19 octobre 1818.

Avocat, franc-maçon, élu à la Convention par la Charente-Inférieure, il fut, entre autre, envoyé en mission dans l’est de la France. A Besançon, où son quartier général est établi, il entend parler d’une principauté à l’extrémité de la Franche-Comté, qui n’a pas d’armée. Il décide donc, tout simplement, de l’annexer à la France. Cette annexion sera officialisée le 7 août 1796. En attendant l’annexion officielle, Montbéliard sera considéré comme territoire conquis. De Saintes fit couler beaucoup de sang, si bien qu’il fut à son tour incarcéré. Amnistié en 1795, il dut finalement s’exiler en 1816 pour les Etats-Unis. Son bateau fit naufrage près des îles Madères. Rescapé, il finira ses jours dans la ville de Funchal.

 

11 octobre – Réorganisation de la ville. Nouveaux juges, nouvelle administration. Le citoyen Pierre-Fréderic Goguel est nommé par de Saintes, maire de la ville. Il n’a pas d’autre choix que d’obéir.

Le comté de Montbéliard devient un arrondissement du département de la Haute-Saône.

 

14 octobre – Montbéliard : arrivée de la guillotine à la Place St-Martin.

A Montbéliard la guillotine ne coupera aucune tête, sauf celle d’un chat, question de montrer à la population son fonctionnement.

Avant le 15 octobre – Le propriétaire des forges d’Audincourt, Rochet, joue la corde patriotique française pour vendre son acier à de Saintes.

Rochet rentrera dans les bonnes grâces de de Saintes. Bons échanges, bons vins, bonne chair, de Saintes permettra, entre autres, à Rochet de faire réquisitionner par les municipalités, les bois nécessaires à ses hauts-fourneaux.

15 octobre – Dix commissaires de la ville de Mandeure rencontrent de Saintes pour que leur commune soit annexée à la France.

Inventaire et pillage des biens du château.

16 octobre – Marie-Antoinette est guillotinée

18 octobre – Les soldats qui accompagnent de Saintes casernent désormais au château.

Jusque là, les soldats qui accompagnaient de Saintes vivaient chez l’habitant. De Saintes sait qu’il saigne à blanc les habitants de Montbéliard. Craignant une révolte contre ses soldats, il les protège en leur imposant le château comme caserne.

19 octobre – La république de Mandeure rentre dans le rang français.

La république de Mandeure avait vu le jour sous l’influence de l’avocat bisontin Peticolas (Petit-Colas, Petitcolas), qui recherché pour fraudes, se fera appelé Pury. En ce mois d’octobre Pury comprit qu’il ne pouvait (c’est le cas de le dire) tenir tête à de Saintes. Aussi, il fit faire une pétition pour demander l’annexion de Mandeure à la France. Il vint lui-même, en délégation, porter cette pétition à de Saintes le 15 octobre. Il fut, par de Saintes, récompensé de son geste « patriotique ».

24 octobre - Mort de Louis-Eugène à Hohenheim. Frédéric-Eugène lui succède et se laissera entraîner dans la guerre contre la République Française. Un peu plus tard, en 1805, Napoléon le fera roi du Württemberg

 

6 novembreLe duc d’Orléans, Philippe-Egalité est guillotiné (voir 21 janvier 1793)

10 novembre – Place St-Martin, fête pour prêter le serment civique.

12 novembreInterdiction du vouvoiement en France

15 novembre (25 brumaire An II) – Avis public (affiche) sur les rues de Montbéliard appelant les Montbéliardais à dénoncer tous les biens des Wurtemberg, sinon c’est la guillotine pour les fraudeurs, menteurs.

28 novembre – les noms changent à Montbéliard :

la place St-Martin devient la place de la Révolution ; le château devient la Montagne, etc.

De Saintes change le sien ; il se fait appelé Pioche-fer.

 

19 décembre – La vente du mobilier du château commence.

Bernard de Saintes cède au juif Dreyfus (Tréfoux) toute une partie de la bibliothèque du château et autres objets de luxe. Lui fournit voitures, chevaux, hommes, et laissez-passer pour aller livrer cette marchandise en Suisse. La ville de Bâle refuse de recevoir ce matériel volé. Dreyfus file alors à Arlesheim, 5 km au sud de Bâle, pour vider sa marchandise.

 

 

1794

5 janvier  (16 nivôse An II) - La Convention décrète l'abolition générale de l'esclavage des nègres

14 janvier (25 nivose An II) – A Montbéliard, arrêté de de Saintes pour la destruction de tous les signes extérieurs du culte.

De Saintes prend tout ce qu’il peut prendre : cloche, calices

16 janvier (27 nivôse An II)- Drapeau officiel de la République française

20 janvierde Saintes  fait arrêter Jean-Georges Berger, marchand et membre du Directoire du district de Montbéliard,

qui avait tenté de freiner le vol éhonté du château de Montbéliard. Berger est amené à la prison de Vesoul sous la responsabilité de nul autre que du citoyen Pury (celui de Mandeure), mais c’est le citoyen Morel qui accompagne le prisonnier à Vesoul. Deux versions s’affrontent, celle des montbéliardais qui affirment que de Saintes a fait arrêter Berger parce que celui-ci lui avait refusé un certificat de bonne conduite et la version de de Saintes qui fait arrêter Berger pour avoir avili la représentation nationale. Quoiqu’il en soit, Berger écrit de sa prison de Vesoul à de Saintes, il connaît l’homme « Représentant Bernard – Tu pourrais, je le sais, faire durer la peine que tu m’as infligée ; mais tout te sollicite à la faire cesser : d’un coté, ta bonté et ta générosité ; et de l’autre, les larmes d’une mère que j’aime et qui se trouve maintenant dans un lit de souffrances : celles de ma femme, de mes enfants, de tous mes proches, de mes amis, et enfin ma propre douleur et mes regrets. Permets donc que je rentre dans le sein de ma famille : j’y resterai sans sortir, aussi longtemps que tu le jugeras convenir ; du moins je pourrais vaquer à mes affaires de commerce. Signé : Jean-Georges Berger »

27 janvierJean-Georges Berger est libéré.

28 janvier – De Saintes annonce son départ de Montbéliard.

Il reçoit toutes les formes de courbettes inimaginables des administrateurs montbéliardais : Rochet, Pury, Goguel et bien d’autres

29 janvier – au grand soulagement de la population, Bernard de Saintes quitte Montbéliard.

 

11 février (23 pluviose An II) – L’avocat Montbéliardais Rossel prononce un discours à la Convention* et reçoit l’accolade fraternelle

Le District Révolutionnaire de Montbéliard a envoyé à Paris les citoyens Rossel (avocat) et Berger pour demander l’agrégation (annexion totale) de l’ex-principauté à la France. Leur raison est essentiellement monétaire. En tant que territoire conquis, les montbéliardais sont surchargés de fardeaux fiscales et de taxes.

* Le président est du Barran, une chance pour Rossel ; le 19 février ce sera Saint-Just qui voit des traîtres partout.

20 février – Ça sent la soupe chaude pour Pury. Dénonciation de la part de la société Populaire et Montagnarde de Montbéliard contre Pury (Petitcolas). Le citoyen Morel pose les bonnes questions et dénonce. Mais Pury a plus d’un tour dans son sac, il s’en sortira.

21 février – Dénonciation au Comité de Salut Public* de la société populaire de Montbéliard contre Bernard de Saintes.

* Au printemps 1793, la situation s’aggrave : une coalition étrangère se forme contre la France, la Vendée se soulève. Pour lutter contre le péril intérieur et extérieur, la Convention crée un Comité de salut public (6 avril 1793), qui apparut vite comme une puissance.

 

31 mars – Les citoyens montbéliardais Rossel et Berger sont toujours à Paris et non toujours pas obtenu de réponse à leur requête d’annexer Montbéliard à la France.

En fait, ils n’en obtiendront aucune. Il faudra attendre les victoires en Allemagne du général Moreau puis le traité de Paris du 7 août 1796 pour officialiser l’annexion de Montbéliard à la France. Hier, à Paris, le 30 mars, Danton et quelques autres sont arrêtés pour être guillotinés le 5 avril.

 

5 mai - De Saintes est de retour à Paris, nommé secretaire à la Convention

 

Juin – Le pasteur montbéliardais Kilg est arrêté par le Conventionnel Lejeune, qui avait une réputation d’être encore plus cruel que Bernard de Saintes

Kilg est détenu dans les prisons de Dijon, puis envoyé à Paris devant le tribunal révolutionnaire.

4 juin – Robespierre à la tête de la Convention

 

12 juillet – Le pasteur Kilg passe au tribunal révolutionnaire et est libéré.

28 juillet – Exécution de Maximilien de Robespierre, son frère Augustin, Louis Saint-Just, Georges Couthon et dix-sept autres robespierristes. Les jours suivants, 81 autres robespierristes sont exécutés. L'exécution de Robespierre met fin à la Terreur*

* C’est par l’initiative de Barras, appuyé par Tallien et Fouché, que prendra fin la Terreur. Pour la petite histoire, disons que la logique était beaucoup plus simple : ou Robespierre et ses amis étaient exécutés ou Barras et ses amis étaient exécutés. C’est Barras (Paul-François vicomte de Barras 1755-1829) qui « mettra au monde » Napoléon.

 

3 septembre au 23 septembre - De Saintes est président de la Convention Nationale.

 

20 novembre – Arrêt qui interdit aux prêtres ou tous autres particuliers d’exercer un culte quelconque, sinon, ceux-ci seront en état d’arrestation.

Dès juillet la religion était interdite à Montbéliard

 

 

1795

28 mai – Bernard de Saintes est arrêté. Il sera amnistié le 26 octobre 1795

14 juillet – La Marseillaise devient l’hymne national de la France

9 septembre (23 fructidor An III)  A Blamont, la foule protège les prêtres contre les gendarmes.

5 octobre – Bonaparte entre dans l’histoire de France : L'armée réprime l'insurrection royaliste

15 octobre – Bonaparte rencontre la maîtresse de Barras, Joséphine de Beauharnais

16 octobreBonaparte est élevé par Barras au grade de général de division

26 octobre- Bonaparte prend la place de Barras et devient commandant en chef de l’armée de l’Intérieur.

(Juste une petite parenthèse pour souligner qu’en l’espace de 11 jours, Bonaparte est passé de simple général à général de division et à général en chef (commandant) de l’armée de l’Intérieur). La Convention cède la place au Directoire qui prendra effet le 1 novembre. Le Directoire (composé de 5 directeurs dont le premier n’est nul autre que Barras) sera aux commandes de la France jusqu’au coup d’Etat de Bonaparte le 18 brumaire de l’an VII (9 novembre 1799)

 

 

1796

30 juin – Le plénipotentiaire français Barthélémy, en conférence avec le marquis Gallo, reçoit à Bâle deux agents wurtembourgeois, Wollwart et Abel, venus pour solliciter une trève. Bathélémy les envoie voir le général Moreau.

 

17 juillet (29 messidor) – le général en chef Moreau*, signe un armistice à Baden-Baden avec les agents wurtembourgeois (le ministre Wöllwarth et le conseiller de légation Abel). Le duc de Wurtemberg céde le comté de Montbéliard, les seigneuries d’Héricourt, Chatelot, Blamont, Clémont, Granges, Clerval, Passavant, Horbourg et Riquewihr. Frédéric-Eugène renonce également à toute alliance publique ou secrète avec la coalition, de plus il s’engage à payer 4 millions (de francs), fournir 42000 chevaux, 100000 quintaux de grains, 50000 sacs d’avoine, 100000 bottes de foin, 50000 paires de souliers…

 

*Jean Victor Marie Moreau (4 février 1763 à Morlaix - 2 septembre 1813 à Lauen (Bohême))

Fils d’un avocat, il étudie le droit à Rennes. Organise des milices, devient en 1791 lieutenant-colonel. En 1793 devient général de brigade. Vainqueur en Allemagne il se heurte devant les autrichiens et les russes qui le force à battre en retraite. En 1797 il re-traverse de nouveau le Rhin et reçoit bientôt le commandement de l’armée d’Italie. Moreau. très mécontent du Directoire, aide Bonaparte lors du coup d’état du 18 brumaire. Il épouse Melle Hullot, une créole du cercle de Joséphine qui prend une ascendance complète sur lui. Sa femme rassemble les opposants à la montée au pouvoir de Napoléon. Moreau est arrêté et condamné à deux ans de prison. Napoléon transforme la peine en bannissement. Moreau part vivre aux Etats-Unis jusqu’à ce qu’il apprenne la destruction de la Grande Armée en Russie. Il retourne alors en Europe où Bernadotte qui commandait une armée contre Napoléon l’introduit auprès du tsar Alexandre 1er. Il est blessé à la bataille de Dresde le 27 août 1813 et meurt le 2 septembre. Sa dépouille est enterrée à St-Petersbourg et sa veuve reçu une pension du tsar et obtint le rang de maréchale par Louis XVIII

 

27 juillet (9 thermidor) - les agents wutembourgeois, soit le ministre Wöllwarth et le conseiller de légation Abel, arrivent à Paris.

29 juillet (11 thermidor) - Rencontre des agents wuterbourgeois avec le Directoire et plus particulièrement avec Charles Delacroix (1741-1805) : le duc de Wurtemberg, doit renoncer, entre autre, à Montbéliard

30 juillet (12 thermidor) - Delacroix, sur ordre du Directoire, demande au duc de Wurtemberg une contribution supplémentaire de 300,000 francs par mois.

 

3 août (16 thermidor)après 3 jours de discussions, Wöllwarth et Abel obtinrent de réduire la contribution financière et de retrancher un article qui obligeait le duc de Wurtemberg à prendre les armes contre l’Autriche en cas d’invasion

7 août (20 thermidor An IV) Article 4 du traité de Paris : « Son Altesse Sérénissime le duc de Wurtemberg et Teck renonce en faveur de la République française, pour lui, ses successeurs et ayant cause, à tous ses droits sur la principauté de Montbéliard, les seigneuries d’Héricourt, de Passavant, et autres en dépendant »

 

Le traité de Paris est ratifié. La principauté de Montbéliard est morte et enterrée.

 

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