Cet
accord international, bâti sur la Convention-Cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques, met en place des objectifs légalement
contraignants et des délais pour réduire les émissions de gaz à effet
de serre des pays industrialisés.
Un résumé du Protocole. Le
Protocole, avec ses critères plus stricts, pourrait avoir un réel
impact sur les changements climatiques. Cependant beaucoup plus de
pays leaders sur le plan économique -- doivent le signer avant qu’il
ne prenne effet.
Puissant, complexe . . . et pas encore en vigueur
Il prit
une année pour que les pays membres de la Convention-Cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques décident que la Convention
devait être agrémentée d’un accord avec des exigences plus strictes
pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La Convention
prit effet en 1994 et, en 1995 les gouvernements avaient entamé des
négociations pour un protocole -- un accord international lié au
traité existant mais aussi autonome. Le texte du Protocole de Kyoto
fut adopté à l’unanimité en 1997.
La
principale caractéristique du Protocole est qu’il dispose d’objectifs
obligatoires sur les émissions de gaz à effet de serre pour les pays
leaders sur le plan économique qui l’ont accepté. Ces objectifs
vont de -8% à +10% par rapport aux émissions individuelles des pays en
1990 "en vue de réduire leurs émissions globales d’au moins 5% par
rapport aux niveaux de 1990 dans la période d’engagements 2008 à
2012." Dans presque tous les cas -- même pour ceux disposant de +10%
par rapport aux niveaux de 1990 -- ces limitations proposent des
réductions significatives dans les émissions actuellement projetées.
Les futurs objectifs obligatoires sont prévus d’établir les "périodes
d’engagements" de l’après 2012. Ceux-ci doivent être négociés
longtemps à l’avance des périodes concernées.
Les
engagements au titre du Protocole varient d’une nation à l’autre.
L’objectif global de 5% pour les pays développés est à atteindre à
travers des réductions (par rapport aux niveaux de 1990) de 8% dans
l’Union européenne (EU[15]), la Suisse et la plupart des pays d’Europe
Centrale et Orientale; 6% au Canada; 7% aux États-Unis (bien que ces
derniers se soient depuis retirés du Protocole) et, 6% en Hongrie, au
Japon et en Pologne. La Nouvelle Zélande, la Russie et l’Ukraine
doivent stabiliser leurs émissions, tandis que la Norvège pourrait
augmenter ses émissions d’1%, l’Australie de 8% (laquelle s’est par la
suite retirée du Protocole) et l’Islande de 10%. L’UE a effectué un
arrangement interne en vue d’atteindre ses 8% de réductions en
distribuant différents taux à ses États membres. Ces objectifs varient
de 28% de réduction pour le Luxembourg et 21% pour le Danemark et
l’Allemagne à 25% d’augmentation pour la Grèce et 27% pour le
Portugal.
Pour
compenser ces "objectifs contraignants", l’accord offre la
flexibilité aux pays sur les manières d’atteindre leurs objectifs.
Par exemple, ils peuvent partiellement compenser leurs émissions en
augmentant les "puits" -- les forêts qui absorbent du dioxyde de
carbone de l’atmosphère. Ceci peut se réaliser sur leur propre
territoire ou dans d’autres pays. Ils peuvent également financer des
projets à l’étranger ayant pour but de réduire l’émission de gaz à
effet de serre. Plusieurs mécanismes ont été mis en place à cet effet.
(Voir les sections sur le "commerce d’émissions," le "mécanisme de
développement propre," et l’"application conjointe.")
Le
Protocole de Kyoto a été lent à entrer en vigueur -- il en est encore
au "stade de la ratification" -- et c’est un accord complexe et il y a
quelques raisons à cette situation. Le Protocole doit non seulement
être efficace face à un problème mondial et complexe -- mais être
politiquement acceptable. De ce fait, les panels, commissions et
comités se sont multipliés pour contrôler et arbitrer ses différents
programmes et, même après son approbation en 1997, des négociations
supplémentaires furent jugées nécessaires afin d’établir les
instructions le rendant "opérationnels". Ces règles furent adoptées en
2001 dans les "Accords Marrakech."
C’est
un équilibre délicat entre traits internationaux. Ceux qui sont
assez attrayants pour s’attirer un large soutien ne sont souvent pas
assez forts pour régler les problèmes qu’ils sont censés solutionner.
(Le Protocole fut créé pour compléter la Convention qui a été jugé
avoir cette faiblesse malgré ces nombreuses dispositions de valeur.)
Mais les traités avec de réelles "dents" peuvent éprouver des
difficultés à attirer le support suffisant pour les rendre effectifs.
Le
besoin le plus urgent du Protocole en ce moment est de réunir assez de
ratifications pour entrer en vigueur.
En se rappelant son caractère (voir ci-dessus), la question se
complique. Le Protocole deviendra légalement contraignant lorsque au
moins 55 pays, y compris des pays développés comptant pour au moins
55% des émissions de dioxyde de carbone des pays développés de 1990
l’auront ratifié. Ce qui ne s’est pas encore réalisé. Le principal
problème est que beaucoup de pays industrialisés devant être tenus par
les limitations d’émissions du Protocole doivent accepter de s’y
joindre. Le second grand problème est que les États-Unis et
l’Australie se sont désengagé du traité.
Entre
temps, un développement positif fait que certains des mécanismes du
Protocole ont reçu le soutien nécessaire pour mettre mis en place en
avance de l’entrée en vigueur du Protocole. Le Mécanisme de
Développement Propre, par exemple -- par lequel les pays
industrialisés peuvent partiellement atteindre leurs objectifs
contraignants d’émissions à travers des "crédits" acquis en supportant
des projets de réduction de gaz à effet de serre dans les pays en
développement -- a déjà un conseil exécutif qui est déjà en train
d’examiner des propositions.
Voir le
texte du
Protocole
de Kyoto pour avoir tous les détails.