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Rapport de voyage: Iwaki 1998 par Maxime Berson

Arrivés de Hong-Kong où nous venions de passer deux jours, Alexandra et moi étions bien contents d’arriver enfin à Tokyo. En fait, nous débarquions à l’aéroport de Narita, qui se trouve bien loin de la ville elle-même. Alexandra était déjà allée au Japon auparavant, donc elle était un peu moins dépaysée que moi. Nous n’avons évidemment pas emprunté le trajet que nous avait indiqué Kanaya sensei car il est très facile de se perdre dans le système de transport en commun de Tokyo , mais nous sommes tout de même arrivés à Koyama après quelques détours et deux heures de voyage en train.

Une fois arrivés à la gare de Nerima, nous avons téléphoné à Silvervilla Koyama et j’ai réussi à me faire comprendre. Taka, monsieur Iwaki fils, est venu nous chercher et nous a conduit à la résidence où Alexandra allait passer l’été. J’allais, quant à moi, résider à Musashisakai, là où Jacques, de l’équipe précédente, était déjà allé. Comme notre équipe allait partir le surlendemain pour Hokkaido, je suis, moi aussi, resté à Koyama. Le lendemain de notre arrivée était un dimanche, jour de festivités hebdomadaires à Koyama. Nous avons rencontré la famille Iwaki au grand complet ainsi que plusieurs pensionnaires pour fêter notre arrivée. L’échange de cadeaux de bienvenue s’en suivit, et nous avons reçu entre autres nos billets d’avion pour Hokkaido.

Les homestay

Taka nous avait prévenu que nous allions passer deux semaines à courir partout en compagnie de quatre obasama japonaises en nous arrêtant que pour manger. Je dois avouer que c’est là la description la plus fidèle que l’on puisse donner de ce qui est arrivé. Nous avons été accueillis à l’aéroport par quatre dames japonaises dans la quarantaine. Les présentations faites, elles nous ont conduits à Ebetsu, ville au nord-ouest de Sapporo, où nous allions passer deux semaines. L’emploi du temps semblait être déjà fixé même avant notre arrivée, mais les dames japonaises avaient l’air de se chamailler durant le trajet jusqu’à Ebetsu pour savoir qui pourrait inviter chez soi les deux jeunes Canadiens qui débarquaient...

Les homestay de deux semaines étaient organisés ainsi : Nous avions chacun deux familles d’accueil, chez qui nous résidions une semaine chaque. Tous se connaissaient, si bien qu’il fut aisé de coordonner les activités pour qu’Alexandra et moi soyons presque toujours ensemble. Je sais, que les années précédentes, les participants au programme Iwaki ne se voyaient pas durant deux semaines et qu’ils résidaient dans beaucoup plus de familles, ce qui les obligeait à s’habituer à ne parler qu’en japonais même si ils parlaient un peu anglais de temps en temps. Ça semble mieux au point de vue de l’apprentissage du japonais, mais je crois que ce qui nous avons vécu Alexandra et moi était préférable, car nous nous voyions sur une base quasi-quotidienne. Nous avons ainsi pu échanger nos impressions sur ce qui nous arrivait et faire une sorte de pause au milieu de ce qui se qui passait autour de nous, et, je crois, que cela nous a permis de mieux nous habituer au Japon. Nous étions tous les deux dans le même bateau et nous étions contents que l’autre y soit avec nous pour ne pas s’y retrouver tout seul.

J’ai passé ma première semaine à Ebetsu, en fait ma première semaine au Japon, chez les Takazawa. La famille était composée de Yoshiko, ma “japanese okasan”, de son mari et de leur fille dans la vingtaine. C’était la famille japonaise typique telle que décrite dans tous les cours que nous avions suivi sur le Japon. Monsieur Takazawa, qui était employé municipal, ne rentrait que très tard le soir, pour aller ensuite s’asseoir à table, attendant son repas devant la télévision. Son épouse, qui l’avait attendu, attentive à tous ces besoins, allait alors le lui préparer. Le repas terminé, monsieur Takazawa discutait un peu avec moi, puis allait se coucher. Durant toute la semaine, je ne l’ai vu que quatre ou cinq fois. Je passais donc la plupart de mon temps avec Yoshiko, la véritable maîtresse de la maison, et nous parlions en japonais et en anglais de toutes sortes de sujets, et surtout du Canada, pays mythique aux yeux des Japonais. Leur vision du Canada se limitait dans bien des cas à des stéréotypes, un pays au grands espaces verts où l’on gèle en hiver. Une émission spéciale sur le voyage des sumotori à Vancouver au début de juin n’a fait que corroborer certaines de ces images. On y voyait le Canada comme un pays de bûcherons et de mangeurs de saumon, ce qui semblait bien plaire aux Japonais.

Yoshiko et la okasan de Alexandra faisaient partie d’un groupe de conversation en anglais, ou “English circle”, qui se réunissait une fois par semaine. Nous y sommes évidemment allés le lendemain de notre arrivée. Nous avons dû improviser en anglais sur le Canada, en espérant que tout le monde comprenne. C’est aussi à cette occasion que nous avions découvert le magnifique terme japonais “jikoshiokai”, ou “introduction personnelle” qui n’allait pas nous lâcher durant les deux semaines qui suivirent. Au début c’était amusant, nous nous présentions, nous disions d’où l’on venait et ce qu’on faisait. Nous répondions toujours aux mêmes questions, “Est-ce votre premier voyage au Japon?” “Pourquoi étudiez-vous le japonais?” et l’omniprésente “Que voulez-vous faire plus tard?”. Cependant, je peux vous avouer qu’au bout de deux semaines nous étions bien content que ce soit fini...

La semaine passée chez les Takazawa fut une semaine d’immersion dans la culture japonaise habitudes et surtout dans les habitudes culinaires des Japonais. Les repas étaient très copieux, et j’ai eu bien du plaisir à m’habituer à manger avec des baguettes. J’ai mangé toutes sortes de trucs dont je connaissais même pas le nom. Je ne crois pas que cela m’aurait plus aidé car je voulais même pas savoir ce que je mangeais. Cependant ce ne furent que des expériences agréables, sauf pour le nato... Durant toute la semaine nous nous sommes promenés, visitant les lieux célèbres du coin, tel Otaru et son localement célèbre canal, allant à toutes sortes de parties, le plus souvent pour y boire et manger. Nous avons rencontré des étudiants de l’Université de Hokkaido et de Rakuen dans un tsuppo-hatchi qui était une sorte de restaurant populaire bon marché, bien que la facture ait été plutôt salée. Nous sommes allés à la ferme Matchimura dont le lait de vache semble bien connu, pour un “BBQ party”, puis dans la famille d’accueil d’Alexandra pour un “sushi party”. J’ai mangé là plus de sushi que n’importe où ailleurs, et il en est resté à Alexandra pour les deux jours qui ont suivis...

Après cette première semaine de Homestay nous avons changé de famille. Tandis qu’Alexandra allait chez Ohka san, une polyglotte qui parlait quelques mots de français, j’allais passer la semaine chez le docteur Katayama. Katayama sensei, comme tout le monde l’appelait, habitait une maison gigantesque, même avec nos standards nord-américains. Mécène reconnu à travers la ville, il s’occupait de diverses activités culturelles et échanges avec des étrangers. Il parlait couramment anglais et espagnol, mais il voulait que l’on parle japonais avec lui, contrairement aux autres personnes qui voulaient pratiquer leur anglais avec nous. Ce fut une autre semaine d’activités intensives, nous nous levions tôt le matin pour ne rentrer que tard le soir. Pas une seule fois, que ce soit à midi ou le soir, je n’ai mangé chez Katayama sensei. Nous allions manger soit chez des gens qu’il connaissait, soit au restaurant. C’est durant cette semaine que j’ai découvert des quantités de mets japonais délicieux comme le sukiyaki ou le “Gengis Khan”, typique du Hokkaido. C’est probablement à Sapporo que j’ai savouré l’un des meilleurs repas de ma vie, dans un “member’s club” où Katayama sensei nous avait emmené Alexandra et moi. Au cours de cette semaine nous sommes allés dans une école secondaire où nous avons rencontré de jeunes Japonais membres du “international club” de leur école. Nous devions sûrement être les premiers gaikokujin à venir dans leur école. Nous sommes allés faire quelques longueurs à la piscine et nous sommes aussi allés faire du patin à glace en plein mois de juin. Nous avons eu la chance d’aller dans un onsen japonais, intérieur malheureusement, c’était plus un bain public qu’une source thermale, mais l’expérience fut agréable. Finalement, après deux semaines de sorties et de festivités continues, il fallu repartir pour Tokyo car les cours commençaient.

Tokyo

Une fois arrivés à Koyama, Taka me conduisit à Musashisakai, la maison de retraite où j’allais passer six semaines. Les différentes maisons de retraite, ou rojin-home, où nous allions enseigner avaient toutes un mode de fonctionnement différent. Alexandra restait à Silvervilla Koyama, là où les Iwaki étaient en charge. C’était une sorte de grande villa de trois étages, divisée en plusieurs pavillons qui renfermaient les chambres. Il y avait un ofuro au sous-sol où l’on pouvait prendre sa douche, et à coté se trouvaient des machines à laver le linge payantes. Les repas se prenaient dans la salle principale, tous y mangeaient, pensionnaires, Alexandra, moi quand j’y étais, et même Madame Iwaki, qui était toujours présente.

J’habitais à Musashisakai, une autre Silvervilla qui fonctionnait différemment. C’était un immeuble à neuf étages dans un quartier plus animé, derrière le célèbre supermarché Ito Yokado de Musashisakai. Les trois premiers étages de la Silvervilla étaient en fait un centre d’activités physiques où, d’après ce qu’on avait dit à Jacques, on pouvait aller nager gratuitement si l’on demandait à la bonne personne, mais j’ai pas essayé. Il y avait tout plein de trucs que Jacques a réussi à obtenir à Musashisakai mais moi non. Cependant l’inverse est vrai aussi. Ainsi, Jacques se retrouvait sans repas tous les midis, tandis que j’allais manger avec les pensionnaires, et il a dû prendre le train chaque fois qu’il allait donner des cours dans les autres Silvervilla. J’ai réussi à obtenir une bicyclette et je recommande à tous ceux qui iront après moi d’en faire autant. Cela m’a permis d’économiser pas mal d’argent, ce que n’a pu faire Jacques car il ne savait pas qu’il y avait. Dans bien des cas, lorsque l’on voulait quelque chose, il fallait le demander car personne ne venait nous le proposer...

J’habitais donc au huitième étage de la Silvervilla Musashisakai, non pas avec des pensionnaires mais avec des salarymen. À cet étage du building qui s’appelait “petite maison”, on offrait à des salariés japonais qui ne devaient rentrer chez eux qu’en fin de semaine, une chambre ainsi qu’un service de repas matin et soir en semaine, un buffet à midi, le samedi et le dimanche. C’était donc déjà différent de Koyama, où le système de repas n’allait pas de la même façon. Cependant, contrairement à Koyama, il fallait que je réserve mes repas au moins la veille au soir, ce qui fait que je me suis retrouvé quelque fois à ne rien avoir à manger à l’heure du souper, faute d’avoir réservé à temps. La vie à Musashisakai différait aussi de celle à Koyama par l’ambiance. Tandis qu’Alexandra voyait toujours les pensionnaires et la famille Iwaki, à Musashisakai je me retrouvais un peu tout seul. Au huitième étage avec des salarymen qui ne m’adressaient quasiment jamais la parole, j’avais plutôt l’impression d’être dans un hôtel. Je voyais les préposés de la réception lorsque je rentrais pour reprendre ma clé, mais c’était tout. Les deux japonaises qui étaient là étaient cependant très gentilles et je n’ai pas eu de problèmes lors de mon séjour à Musashisakai. Personne ne parlait anglais, mais il n’y eut presque pas de problèmes de communication, sauf quand le vélo qu’on m’avait prêté m’a lâché et qu’il a fallu expliquer ce qui n’allait pas.

Alexandra et moi avons commencés à donner des cours dès notre retour du Hokkaido. Il y avait quatre groupes différents, un par Silvervilla, à qui on enseignait soit la langue de Molière, soit celle de Shakespeare. C’est seulement à Koyama qu’il y avait à la fois des cours d’anglais et de français. Nous devions donner cinq heures de cours par semaine, ce qui peut sembler peu, mais bien souvent cela se révélait être beaucoup plus long. On enseignait de la façon suivante :

Mercredi : anglais à Koyama, de 18 à 19 heures.
Jeudi : français et anglais à Shakuji, de 14 à 15 heures. français à Koyama, de 18 à 19 heures.
Vendredi : “français” à Tetsugakudo, de 15 à 16 heures.
Samedi : anglais à Musashisakai, de 10 heures 30 à 11 heures 30.

Les villas n’étaient pas toutes dans le même quartier, si bien qu’il fallait environ une heure à une heure et demi en vélo ou en transport en commun pour s’y rendre. Cela peut sembler bizarre, mais cela prenait autant de temps à bicyclette que par le train. Une fois Alexandra est partie de Shakuji à vélo et moi en train ( j’avais pas encore mon vélo ) pour nous rendre tous les deux à Koyama, elle est arrivée avant moi, et cela lui avait rien coûté. C’est après avoir fait mes comptes au bout de la première semaine de voyages en train pour aller donner les cours que j’ai demandé un vélo à Musashisakai. Alexandra avait celui de Taka à Koyama et n’avait pas eu de difficulté à l’obtenir. Moi, j’ai dû en demander un à Musashisakai, on m’en a prêté un qui semblait à première vue fort douteux. Il m’a tout de même permis d’économiser les 2830 yens que coûtait le transport pour aller aux cours durant une semaine. Taka nous avait remis 50 000 yens à notre arrivée à Tokyo, le reste de la bourse ayant servi à payer les billets d’avions pour aller dans le Hokkaido et le Kansai pour les Homestay. Ce montant d’argent a fondu très vite, car ce qui coûte cher, tout coûte cher, mais ça encore plus qu’autre chose, ce sont les transports en commun. Comparé au maigre 1,90$ que l’on paie à Montréal pour voyager en métro, les tarifs à Tokyo sont plus qu’exorbitants. Après deux semaines de temps passées dans la métropole tokyoïte, il était devenu normal de dépenser l’équivalent de dix dollars pour aller seulement se promener en ville. C’est pour cela que la bicyclette est plus que recommandée pour ceux qui ont un budget serré, même si il n’est pas possible d’aller partout à vélo. Tokyo est une ville étendue, et parfois il vaut mieux payer le train que de se déplacer à vélo.

Les quatre groupes auxquels nous enseignions différaient, mais nous nous en tenions à la même recette. Nous préparions chacun de notre côté soit le cours de français soit celui d’anglais, et nous changions d’une semaine à l’autre. Les leçons reposaient sur des choses de base, faciles à comprendre pour tous. Par exemple, on établissait une liste de termes et d’expressions reliés au thème du restaurant, on l’écrivait sur une feuille dans la langue étudiée, français ou anglais, avec son équivalent en japonais et, le plus important, la prononciation en katakana. Une fois que tous les pensionnaires avaient compris, on présentait le scénario associé à la leçon du jour. Dans le cas du restaurant, Alexandra et moi jouions le rôle de serveurs, demandant aux clients ce qu’ils voulaient comme repas sur le menu. En dehors des leçons, nous organisions de temps en temps des jeux pour divertir les pensionnaires. Tout comme ici, les Japonais à la retraite adorent le bingo, jeu inconnu là-bas. Évidemment, tout ne se passait pas de la même façon pour tous les groupes. Le groupe de Koyama était le plus animé de tous grâce à la présence de Madame Iwaki, qui mettait toujours de l’ambiance. Celui de Shakuji, qui ne comprenait que trois ou quatre élèves, n’était composé que de personnes intéressées à apprendre. On devait y enseigner l’anglais, mais il y avait toujours une dame pour nous demander comment tel ou tel mot se disait en français, si bien qu’on a commencé à y enseigner aussi le français. À Musashisakai, la plupart de nos élèves étaient d’anciens traducteurs ou professeurs d’anglais, si bien qu’il n’y avait aucun problème de vocabulaire ou de grammaire. Cependant, le groupe manquait d’initiative et il fallait expliquer plus d’une fois ce à quoi on voulait arriver avant de pouvoir enfin commencer une activité. Nous avons passé une l’heure à faire comprendre qu’au jeu du pendu il faut deviner une lettre à la fois et non essayer de trouver le mot entier d’un seul coup. Le dernier groupe était celui de Tetsugakudo. C’était notre une heure d’enfer hebdomadaire. On a eu autant de difficulté à essayé de leur faire prononcer quelques mots de français que si l’on avait enseigné de la physique quantique. C’est en comparant ce groupe-ci aux autres que l’on a la preuve que le temps n’agit pas de la même façon sur tout le monde.

Le second homestay, d’une durée de quatre jours dans le Kansai a été inséré entre deux semaines de cours. Tandis que j’allais à Kobe, Alexandra allait à Osaka, tous deux chez des amis de Taka. Ce fut un séjour beaucoup plus libre que celui à Hokkaido. Je ne voyais ma famille d’accueil que pour le déjeuner et le souper, j’étais libre d’aller où je voulais comme bon me semblait. Trois jours, c’est peu de temps pour visiter la région du Kansai, mais je suis quand même allé au château de Himeji, l’un des plus importants au Japon, et puis à Kyoto. J’y suis allé deux jours de suite, mais cela n’a pas été suffisant pour tout voir. Kyoto est une ville magnifique au point de vue architectural. On y retrouve quantité de temples et de sanctuaires d’autrefois, ce qui fait contraste vraiment avec Sapporo, ville récente où il y avait peu à voir, ou même avec Tokyo, beaucoup plus moderne et intense. Le célèbre Kinkakuji, ou Pavillon d’or, et le Kiyomizu-dera sont des lieux de toute beauté qu’il faut aller voir à tout prix., même s’ils sont envahis par les touristes et les groupes d’écoliers japonais. Ces derniers assaillent les étrangers de questions et il n’est pas rare qu’ils nous demandent de se faire prendre en photo avec nous.

Conseils et suggestions

Personnellement, je recommanderais d’attendre d’être en deuxième année de japonais avant de participer au programme Iwaki. Le niveau de japonais atteint est quand même beaucoup plus élevé et peut faciliter quelque peu la communication. Ayant suivi les cours de deuxième année, j’arrivais à comprendre ce qui se passait autour de moi, ce qui ne semblait pas toujours le cas de Jacques qui n’avait suivi que les cours de première année, d’après ce qu’il m’a raconté. Ce n’est pas si grave pour les homestay ou les cours, il y a toujours quelqu’un qui parle un peu anglais, mais dans les autres situations, lorsque l’on se retrouve tout seul, c’est un petit peu plus compliqué. Par contre, il faut ajouter que ce n’est pas parce qu’on est en deuxième année que l’on comprend tout. Il m’est souvent arrivé de me faire poser des questions et d’avoir l’air d’un extraterrestre qui venait de débarquer. Mais les Japonais sont très gentils et vont souvent essayer de reformuler leurs phrases en termes plus clairs. Et si vous êtes chanceux, vous pouvez tomber sur quelqu’un qui parle un anglais compréhensible, mais ces gens sont plus rares que ce que l’on aurait cru.

Concernant les omiyage, ou cadeaux à offrir aux Iwaki et aux familles d’accueil, voici quelques points qui pourraient aider de futur candidats : tout d’abord, éviter le sirop d’érable! J’en avais quatre boites dans mes bagages, je peux vous dire que c’est lourd, et qui plus est, les Japonais ne savent pas quoi en faire. Apporter si possible de la nourriture, tel que des chocolats ou des biscuits à l’érable, des produits qu’ils n’ont pas là-bas et qu’ils apprécieront sûrement. Puis, autre détail, durant les homestay, essayer de toujours avoir un ou deux cadeaux préemballés avec vous, prêts à être offerts au cas où. Ça nous est arrivé une fois à Alexandra et moi d’arriver pour le souper dans une famille que nous ne connaissions pas du tout. Comme nous n’avions rien apporté car nous n’étions pas avertis, nous avons eu l’air bien malin. Nous avons cependant pu réparer notre manque aux lois de l’hospitalité japonaise en y retournant le lendemain pour donner un cadeau et remercier nos hôtes pour le repas de la veille.

Il faut dire que nous faisions partie du deuxième groupe et que le séjour à Tokyo est tombé en plein été. Tokyo, l’été, c’est chaud, mais c’est aussi très humide. Il est souvent arrivé qu’il pleuve, mais le plus souvent juste assez pour mouiller nos souliers. Cependant, et ce conseil s’adresse à tous ceux qui feront de la bicyclette pour aller donner leurs cours, lorsqu’il pleut pour de vrai, il pleut! Il m’est arrivé de rentrer trempé jusqu’aux os à Musashisakai et de me faire poser la très ironique question “ Ame ga furimasuka? ” par la préposée à l’accueil. Ces jours là on regrette de ne pas avoir pris le train pour économiser quelques centaines de yens.

Durant les six semaines de cours à Tokyo, on dispose de beaucoup de temps libre. Il faut évidemment en profiter pour aller visiter la ville, à coté de laquelle Montréal semble à notre retour ici un trou perdu dans la campagne. Il y a de nombreux endroits où l’on peut aller tout seul, Harajuku, le dimanche, est un must, mais bien souvent il y a plein de trucs qui ont lieu mais dont on n’a aucune idée. C’est pour ça qu’il faut demander, que ce soit à Monsieur Iwaki qui connaît des tas de choses à voir à Tokyo, ou alors rencontrer des Japonais qui se feront plaisir de nous emmener quelque part. C’est en rencontrant deux jeunes couples de Japonais dans une association de quartier que nous avons pu apprécier notre séjour à Tokyo, que ce soit pour admirer les feux d’artifices de la Sumida-river vus à partir de la Marina, où pour aller assister à une cérémonie de thé.

Le programme Iwaki est un très bon moyen pour ceux qui étudient le japonais d’aller au Japon pour une première fois. Les Homestay aident à faire passer les six semaines de cours à Tokyo qui sont étouffantes tant à cause de la température que de la ville elle-même. Le premier groupe bénéficie du Homestay à la fin des semaines de cours, ce qui constitue des sortes de vacances. Pour le deuxième groupe, qui commence par le Homestay, cela permet de mieux s’adapter à la vie au Japon. Sur ce point, partir avant ou après ne fait aucune différence, les deux séjours ayant leurs avantages et leurs inconvénients. Je recommande quand même à ceux qui auront le choix de partir en premier, et ce pour deux raisons : tout d’abord les billets d’avion sont moins chers et puis il fait beaucoup moins chaud.

Finalement, le voyage m’a vraiment aidé au niveau du japonais parlé et évidemment à l’écrit pour les kanji. Même s’il est sûr que la bourse ne couvre pas toute les dépenses, c’est une magnifique occasion d’aller pratiquer son japonais sur une base quotidienne et de voir enfin, de ses propres yeux, ce Japon mythique que tous les participants rêvaient de voir. Kyoto est une ville superbe, Tokyo bourdonne d’activité, et l’on retrouve dans le Hokkaido une région qui ressemble fort à ici. Je regrette de n’être pas allé à la plage au Japon, mais j’y irais à coup sûr lors de mon prochain voyage là-bas. Je suis tout de même allé escalader le mont Fuji et c’est une expérience que je recommande à tous les aventuriers en herbe. Mais faites attention, car même en plein été il fait au sommet de la montagne beaucoup plus froid que vous ne pouvez l’imaginer...