L'Aventure de l'Homme Sans Visage

La tâche que je remplis aujourd'hui m'est très inhabituelle. Je n'ai pas l'habitude d'écrire autrement que pour mes rapports quotidiens et cela se verra dans les lignes qui suivront. En fait, ce récit est la conséquence d'un pari qui m'avait paru à l'époque plutôt improbable. Mais ne nous perdons pas en vaines paroles et venons-en aux faits et seulement aux faits. Plus tôt j'aurai raconté cette histoire, plus tôt je pourrai retourner à mes tâches habituelles.

Par un froid matin de décembre, je quittai le poste de police pour effectuer ma ronde et m'arrêtai en chemin chez Sherlock Holmes. Ce détective amateur affiche un goût pour l'étrange et l'extraordinaire et semble avoir un certain talent pour l'enquête. Ces traits de personnalités lui ont d'ailleurs permis, à quelques reprises, de fournir à la force des indications qui lui ont permis d'avancer dans ses enquêtes.

Je sonnai à la porte et Mme Hudson, sa ménagère, m'ouvrit. Elle me déclara qu'il était là et même d'excellente humeur, chose rare lorsqu'il n'y avait aucune affaire en cours. Je montai immédiatement et trouvai Holmes occupé à une expérience chimique malodorante. Une épaisse nuée s'échappant d'un bécher s'engouffrait par la fenêtre qui, malgré la basse température, était grande ouverte. Dans un coin, Watson, couvert de son manteau, d'un chapeau et d'un cache-col, lisait stoïquement le journal.

-'Ah! Lestrade!' s'exclama Holmes. ' Vous êtes bien matinal. Quelle bonne affaire vous amène?

-'Aucune, Holmes, aucune. Je passais seulement vous souhaiter le bonjour, ce qui, vous en conviendrez, ne m'arrive pas souvent.'

-'En effet, cela vous est très inhabituel.'

Holmes retourna à son expérience, fixant un regard attentif sur le mélange bouillonnant auquel il ajoutait avec précaution quelques gouttes d'un liquide incolore s'écoulant d'une fiole. Le mélange vira lentement au violet et Holmes ferma le bec bunsen.

-'C'est l'évidence même!' déclara-t-il. 'Il s'agit bien de colle.'

-'Êtes-vous sur une nouvelle affaire, Holmes?' demandai-je.

-'Non! Je cherche seulement confirmation des indices qui ont permis l'arrestation de Johnesby, le faussaire. ' dit Holmes qui poursuivit : 'Le gredin avait inventé un procédé nouveau pour la fabrication de son papier, le rendant presque aussi bon que celui de la banque. Cette invention ne profitera pas à son inventeur, j'en ai bien peur, mais plutôt à la société.'

Holmes s'éclipsa vers sa chambre et revint bientôt en s'essuyant les mains avec une serviette qu'il jeta négligemment sur une table. Il saisit sa pipe au passage, la bourra et s'assit confortablement. Pendant ce temps, Watson s'était levé pour fermer la fenêtre, attiser le feu et se débarrasser de son manteau.

-'Vous êtes bien bon de tolérer ces répugnantes activités dans votre logis, Watson.' dis-je. 'Je jetterais les hauts cris à la première tentative.'

-'L'inconvénient est bien mineur comparé au plaisir de suivre Holmes dans ses enquêtes.' dit Watson. 'J'avoue que je serais bien incapable de reproduire la moindre de ses déductions.'

-'Vous pourriez pourtant en faire tout autant.' déclara Holmes en allumant sa pipe. 'Il suffirait pour cela de vous arrêter sur les détails, réfléchir à leur signification et enfin déduire de l'ensemble l'événement qui a engendré de tels vestiges.'

-'Watson a raison, Holmes.' dis-je. 'Ce que vous réussissez semble parfois sortir tout droit d'un chapeau de magicien.'

-'Je persiste pourtant à dire que Watson pourrait en faire autant s'il s'y appliquait, plutôt que de se contenter d'être mon chroniqueur.'

-'Je parie le contraire!' m'exclamai-je.

-'Pari tenu!' déclara Holmes. 'Et j'ajoute que, lorsque cela se produira, je vous rappellerai cette conversation et vous inviterai à prendre la place de Watson pour relater son exploit.'

-_Cela me semble un pari bien improbable. Je l'accepte cependant.' ajoutai-je.

La conversation roula ensuite sur d'autres sujets, puis je quittai mes hôtes et continuai ma ronde pour retourner ensuite au poste et oublier bien vite le sujet de ce pari.

Quelque temps plus tard, un constable vint me quérir tard dans la nuit. Un passant avait trouvé un homme effondré sur la chaussée. Ce qu'il avait vu l'avait porté à appeler le policier de faction au coin de la rue. Celui-ci était accouru et, après examen sommaire, avait sifflé pour appeler un collègue et m'avait fait prévenir. Je découvris, dans un passage débouchant sur le Strand, un attroupement tenu à l'écart par mes hommes.

Arrivé sur place, je pus constater que l'homme était mort, mais certainement pas de mort naturelle. Ce que je vis à ce moment me glaça le sang : son visage avait été mutilé au point de le rendre méconnaissable. Sachant le goût de Holmes pour ces détails, je le fis demander.

Le policier revint mais, plutôt que de le voir accompagné par Holmes, ce fut Watson qui se présenta.

-'Bonsoir, Lestrade. Qu'avons-nous là?'

-'Sale affaire, Docteur. Mais Holmes n'est pas avec vous?' dis-je.

-'Il a reçu un télégramme tôt en soirée. Il est parti pour l'East-End et n'est pas encore revenu.'

Je décrivis sommairement à Watson les circonstances de la découverte pendant que celui-ci se penchait sur le cadavre. Watson constata que le malheureux n'avait plus besoin de ses services et sortit son inséparable carnet de notes.

-'Holmes voudra certainement connaître le plus de détails possible. Cette neige fraîche est providentielle, mais éphémère.' dit Watson. 'Je vais noter mes observations en espérant que ce soient celles qu'aurait faites Holmes.'

Et il se mit à l'oeuvre. En effet, une neige fraîche et molle était tombée tôt dans la soirée et avait recouvert la rue, fort heureusement peu achalandée, d'une couche propice à retenir les indices.

J'avais déjà noté que seulement quelques traces de pas entouraient le corps. À son tour, Watson m'en fit l'observation et me demanda qui avait fait la découverte du malheureux.

-'Jones était de faction sur le Strand quand un passant l'a accosté. Les deux se trouvent là-bas. Je vais aller vous les chercher. ' dis-je.

-'N'en faites rien. Nous irons plutôt les questionner.' dit Watson. Il s'éloigna du corps et le contourna largement en se dirigeant vers l'attroupement et je le suivis. Watson s'arrêta à mi-parcours et me demanda de sommer les témoins de s'approcher. Jones et un curieux petit bonhomme accoururent à ses ordres. Jones fit rapidement son rapport qui corroborait les informations qui m'avaient été transmises, cependant que Watson les notait soigneusement dans son carnet. Je me retournai ensuite vers l'homme.

Ce dernier avait, sous sa casquette, la mine et le regard d'une fouine. Les mains de cet homme ne cessaient de se tordre et de se frotter l'une contre l'autre en un mouvement nerveux. Ses vêtements crasseux démontraient hors de tout doute qu'il fréquentait habituellement un autre quartier.

-'Racontez-nous ce que vous avez vu.' dis-je.

-'M'sieur l'inspecteur, je vais tout vous raconter. Je me promenais ce soir dans les rues, à la recherche d'une bonne action à faire lorsque, en tournant le coin, j'ai failli me faire renverser par un équipage qui sortait de la rue à toute allure. J'ai tout juste eu le temps de me jeter contre le mur sinon je serais à terre moi aussi. En me retournant, je suis tombé sur le type, là. Il était mort, ça se voyait bien. Je suis allé chercher le policeman sur le Strand et nous sommes revenu ensemble. Il a sifflé, un autre policeman est arrivé qui est tout de suite reparti et vous êtes arrivé par la suite. C'est tout.'

Pendant son discours, l'homme n'avait cessé de se trémousser, de tordre ses mains, dans la plus grande agitation. Watson avait d'abord jeté un regard sur l'homme, puis avait gardé la tête baissée, tout à l'écriture de ses notes. Il s'interrompit et, regardant l'homme droit dans les yeux, dit :

-'Qu'avez-vous trouvé dans les poches de ce malheureux?'

L'homme sursauta, fit un pas de recul et se retourna pour prendre la fuite. Le policier cependant fut plus rapide et lui mit la main au collet, ce qui eut pour effet de suspendre la course de l'homme qui se retrouva face contre terre dans un effet des plus comiques. La foule hurla de rire malgré le côté tragique du moment.

L'homme fut vite relevé et fouillé par les policiers. On découvrit dans ses poches un écrin contenant une bague, un portefeuille de même que quelques pièces de monnaie. L'homme balbutia en guise d'excuses quelques explications incohérentes. À l'examen, il apparut que le portefeuille contenait une forte somme, mais aucun papier ou document permettant d'identifier la victime. J'ordonnai la détention de notre homme et il fut emmené au poste où j'aurais encore affaire à lui.

Prenant ensuite Watson à part, je lui demandai comment il avait découvert le vol.

-'En examinant les traces autour du cadavre, je me suis aperçu que deux personnes seulement s'étaient approchées de ce dernier. L'une portant de bonnes et solides chaussures avait fait une approche directe pour se retirer immédiatement. L'autre, portant une paire de bottes usées et percées à la semelle gauche, s'était affairée autour du cadavre. Il me suffit de comparer les traces laissées par nos deux hommes pour relier le policier au premier et ce 'gentleman' au second. De plus, le désordre des vêtements du malheureux ne s'expliquait pas par la chute mais plutôt par une fouille systématique, d'où ma question. De toute évidence, cet homme recherchait l'occasion d'un bon coup. Il a cru pouvoir profiter d'un bon spectacle sans crainte d'être découvert, ce qui a été une grossière erreur.'

-'Watson, vous m'impressionnez!' déclarai-je, ébahi de n'avoir pas remarqué la chose.

Watson rougit et eut ce simple mot qui me fit sourire:

-'Élémentaire.'

La rue avait été peu achalandée et la neige était vierge de traces hormis celles autour du corps et quelques ornières dans la rue.

Nous retournâmes auprès du corps et j'entrepris de noter ce que je voyais, espérant découvrir de nouveaux indices, pendant que Watson se penchait sur l'homme. Celui-ci gisait face contre terre, les bras étendus en croix. Watson examina l'homme sans le retourner des pieds à la tête, s'attardant à la terrible blessure. Il fit remarquer que fort peu de sang s'était écoulé des plaies au visage, ce qui portait à croire que l'homme était déjà mort lorsqu'on l'avait déposé là.

Poursuivant son examen, Watson se déplaça autour du corps. Soudain, il se redressa et m'appela.

'Lestrade, on a roulé sur la main de cet homme!' dit-il.

Je m'approchai pour constater comme lui qu'une roue était passée sur la main de ce malheureux. La trace était nette et la main s'était enfoncée dans la neige sous la charge.

'-Quel cocher pourrait avoir l'inconscience de faire rouler son équipage sur un tel obstacle!' s'exclama Watson. 'Il aurait fallu être aveugle ou inconscient pour ce faire.'

Nous échangeames, il me semble, quelques hypothèses à ce sujet, mais je dois avouer que ce détail ne me sembla pas à cet instant de grande importance. Je m'éloignai pour donner les instructions aux policiers qui venaient d'arriver avec le fourgon. Lorsque je revins auprès de Watson, celui-ci rangeait son calepin et se penchait sur le cadavre.

-'Pour quelle raison aura-t-on pris la peine de défigurer ce malheureux? ' dit Watson, d'un ton qui indiquait la réflexion plutôt que la question. Son examen médical terminé, il se releva et conclut :

-'Notre homme a été poignardé et je crois bien que la défiguration a eu lieu après le décès car fort peu de sang s'est échappé de la blessure.'

Je me penchai à mon tour et examinai les poches de l'homme sans rien y trouver.

-'Je l'examinerai plus à fond à la morgue.' dis-je.

-'Vous pouvez faire transporter ce malheureux, Lestrade.' dit-il. 'Permettez-moi de vous demander quelles sont vos intentions concernant l'enquête et plus spécifiquement si vous rechercherez le fiacre qui a roulé sur la main de ce malheureux. '

Je répondis aussitôt:

-'Le fiacre ne m'intéresse nullement à cette étape de l'enquête. Je débuterai par la recherche de l'identité de la victime, ce qui nous mènera plus que probablement à son assassin.'

-'Mais ne tenterez-vous rien pour retrouver l'équipage? '

-'Non. Je n'en ferai rien.' répondis-je, agacé de voir le bon Docteur prendre les airs et méthodes de son ami Holmes. 'Je ne vois pas l'intérêt de rechercher un fiacre dont le conducteur aura probablement été trop ivre pour apercevoir quoi que ce soit!' ajoutai-je.

-'Tenez-moi tout de même au courant de la suite de votre enquête.' Sur ces paroles et un court salut, Watson s'éloigna. Je retournai à mes occupations.

L'enquête piétina un peu car nous n'avions que fort peu de détails. Cependant, sur le coup de midi, nous reçûmes une précieuse information. Une femme était venue déclarer une disparition. Un certain Wallace s'était absenté pour un rendez-vous dans la soirée et n'était pas revenu. La dame l'avait attendu toute la nuit en vain, puis, comme la matinée s'écoulait sans nouvelle, avait commencé à s'inquiéter. Au signalement qu'elle nous fournit, le constable de service me fit prévenir et je fis venir la femme. Considérant sa déposition, je soupçonnai que notre homme et le sien ne faisaient qu'un, ce que je m'empressai de confirmer : nous nous rendîmes auprès de la dépouille pour identification.

Au premier regard porté sur la victime, la femme se trouva mal, si bien qu'il fallut faire venir le médecin. Lorsqu'elle reprit ses esprits, elle me confirma qu'il s'agissait bien de l'homme en question. Elle ne put cependant me fournir plus de détails car elle ignorait où il avait pu se rendre dans la soirée.

La femme signa sa déposition et quitta le poste, en larmes. La suite de mon enquête démontra qu'il s'agissait d'un homme tranquille, sans histoire, habitant la banlieue. La femme qui me répondit à son adresse affirma être sa logeuse et ne pas connaître les affaires de notre homme. Je ne pus cependant découvrir les occupations habituelles de notre homme qui s'était toujours montré d'une grande discrétion devant son entourage. Je nageais en pleine obscurité.

Gregson et d'autres inspecteurs vinrent à la morgue pour voir la victime. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils apportent quelque lumière que ce soit : ce genre d'enquête nécessite une vaste expérience et des connaissances étendues, que des nouveaux venus ne peuvent prétendre avoir! Malgré cela, je me perdais en conjectures quant au mobile d'une telle défiguration.

À la fin de la journée, je reçus un télégramme de Watson souhaitant ma présence ainsi que celle de quelques-uns de mes hommes sur Baker Street. Les hommes devaient être en civil et postés de manière à intervenir rapidement si le besoin se présentait.

Je me présentai à l'heure dite accompagné de trois inspecteurs en civil. Deux d'entre eux prirent position discrètement dans la rue alors que le dernier m'accompagnait chez Holmes.

-'Bonsoir, Watson.' dis-je en entrant. 'Holmes n'est toujours pas de retour?'

-'Non, Lestrade. Il poursuit toujours son enquête, sinon, nous l'aurions vu. Je vois que vous avez bien reçu mon télégramme.' ajouta-t-il en ouvrant la fenêtre aux bruits de la rue, ce qui eut pour effet de laisser entrer une brise glaciale, car la température s'était considérablement refroidie. Il resta un moment à la fenêtre.

-'Nous avons découvert le nom de l'homme.' dis-je 'C'est...'

-'Il s'appelle Hector Wallace.' dit Watson en m'interrompant d'un geste bref et continuant son inspection de la rue. Puis, sans explication, il referma la fenêtre.

Je restai estomaqué que Watson put posséder un tel renseignement. Mais il ne nous laissa pas le temps de l'interroger à ce sujet.

-'J'attends un invité dans les minutes qui viennent et l'entretien que j'aurai risque de tourner à l'orage, d'où ma requête pour votre présence ici ce soir.' dit gravement Watson.

Ces mots me remplirent d'appréhension car Watson avait l'habitude de considérer plutôt calmement les pires situations que notre ami Holmes avait pu lui présenter. S'il s'attendait à du vilain, c'est que c'était plus que probable. Je refermai la main sur la crosse de mon révolver et vit que l'inspecteur avait fait de même.

Watson nous assigna deux places confortables dans sa chambre, et referma la porte en ne laissant qu'un entrebâillement. D'où nous étions situés, nous ne pouvions rien voir, mais nous entendions à la perfection les préparatifs de Watson.

Nous entendîmes les roues d'un carrosse dans la rue devenue tranquille à cette heure tardive. L'attelage s'arrêta devant le domicile de Holmes. On sonna. Quelques secondes plus tard, Mme Hudson introduisait le visiteur.

'-Mr Jonas Pemberton'. annonça-t-elle en se retirant.

Je frémis un court instant. Nous avions là une racaille, mais une racaille de la haute société. J'avais de grands soupçons sur les agissements de cet homme, mais n'avais jamais pu le coincer. Il était de toute évidence plus malin que la force et cela prendrait un fin renard pour attraper ce lièvre!

-'Entrez, Monsieur Pemberton, je suis heureux que vous ayez répondu à mon invitation.' dit Watson. 'Prenez place.'

-'Si j'ai répondu à votre invitation, c'est que vous me pressiez de venir pour recueillir ces informations que vous avez qualifiées de cruciales. Venons-en au fait rapidement si vous le voulez bien, car j'ai à faire ailleurs.'

-'Je ne doute nullement que vous soyez une personne très occupée, Monsieur. Cependant, les informations que j'ai à vous transmettre nécessitent des explications préalables que vous voudrez bien accueillir dans la quiétude de ce salon. Accepterez-vous un cigare?' ajouta Watson.

-'Venons-en au fait, Docteur.' s'exclama l'homme.

-'Soit. Mais vous permettrez que je cède au plaisir de ce cigare.'

Nous sentîmes bientôt les effluves du tabac pendant que l'invité trépignait, ne semblant pas contenir son impatience.

-'Je vais vous raconter une histoire qui vous semblera bien banale, mais qui ne manque pas d'intérêt.' dit-il en poursuivant :

-'Nous débutons cette histoire par un jeune homme de basse extraction et aux ambitions démesurées. Il rêve d'accéder aux grands de ce monde, d'être lui-même un grand de ce monde. Réalisant que les faveurs de la naissance ne lui ont pas accordé la clé nécessaire pour réaliser son voeu, il recherche le moyen qui lui permettra pourtant d'accéder à son rêve. Il réfléchit longuement aux moyens qui lui permettraient de grimper l'échelle sociale. Il finit cependant par reconnaître que ce serait une tâche impossible. Il rechercha donc ce qui le ferait reconnaître et accepter des grands. Ce ne fut pas chose facile, mais il comprit finalement que les grands et les petits de ce monde partageaient une chose en commun et que cette chose lui serait facile d'accès et lui permettrait de la rendre d'autant plus facile d'accès pour les grands. Il prit donc le parti de travailler à bâtir un réseau de connaissances lui permettant d'offrir aux grands ce que ces derniers auraient toutes les difficultés à se procurer de manière discrète et efficace.'

-'Notre homme devint entremetteur. Il bâtit par la patience de nombreux contacts auprès du beau sexe. Des contacts précieux car ces dames recherchaient ce qui leur faisait cruellement défaut: la tendresse, la richesse, la sécurité. Par la même occasion, il devenait possesseur de leur secret et, par la suite, retournait les faveurs dispensées en demandes de plus en plus pressantes jusqu'au jour où la dame n'en pouvait plus et disparaissait, de son plein gré ou non.'

Nous entendîmes un baillement sonore, prouvant le manque d'intérêt évident de l'auditeur. Watson poursuivit:

-'Pour atteindre son but, notre homme devait posséder quantité de charmes naturels dont il était cependant déficient. Il devait donc déléguer la tâche à un racoleur, un homme de bonne prestance et raffiné. Il trouva cet homme en la personne de Hector Wallace. Ce dernier, dont la nature semblait pencher dans le même sens, comprit parfaitement les besoins de son employeur et se dévoua à cette tâche car elle lui permettait de satisfaire ses ambitions personnelles.'

-'Notre homme remplit parfaitement son mandat, semblant aussi dépourvu de moralité qu'il était pourvu d'entregent. Il courut les réunions mondaines, les foires, les associations et, par son flair, découvrit quelques perles rares qui firent le bonheur de son employeur.'

-'Cependant, Wallace devait rencontrer un jour son Waterloo. Une jeune femme, qu'il avait racolé dans une société de tempérance, le séduisit au point où il se résolut à renoncer à son occupation. Il déclara son amour à la dame, ajouta qu'il annoncerait son départ à son employeur et qu'ils quitteraient la ville pour la campagne où les attendait une vie nouvelle. Ce fut leurs derniers moments ensemble car on le retrouva mort dans la soirée.'

-'Cette histoire est fort intéressante.' dit le visiteur. 'Je ne vois cependant pas le lien avec l'affaire qui m'amène ici.'

-'Nous y arrivons, croyez-moi.' ajouta le Docteur. Et il poursuivit:

-'Notre homme n'avait pu se résoudre à laisser partir un si compromettant ami, d'autant plus qu'il touchait au but, s'étant assuré une entrée dans les plus prestigieux salons de Londres. Voyant qu'il n'arriverait pas à convaincre son employé, il se résolut à le faire disparaître. Lorsque ce dernier se prépara à quitter la résidence, il lui offrit de le faire raccompagner par son cocher. Celui-ci reçut des instructions claires qui malheureusement eurent des conséquences fatales pour notre homme. Le cocher transporta le corps le plus loin possible de la résidence et l'abandonna à son sort dans une rue secondaire.'

-'Je ne vois toujours pas en quoi cette histoire me concerne.' déclara encore l'invité de Watson.

-'Patience, nous sommes près de la conclusion. Mais voici que le lendemain dans l'après-midi se présenta la demoiselle éperdue à la recherche de son homme. Elle fut éconduite sans ménagement et quitta la résidence. Elle se rendit au poste de police où elle apprit la triste nouvelle. Elle quitta le poste avec la résolution de trouver le coupable. Mal lui en prit car, à son retour chez-elle, elle fut assaillie par deux malfrats qui lui firent un fort mauvais parti. Elle fut sauvée in extremis par une bande de garnements qui s'interposèrent.'

-'S'il vous plaît, monsieur, reprenez place dans votre siège car nous sommes prêts à conclure.' Nous comprîmes à ces mots que l'invité s'était levé et s'apprêtait à partir. Le Docteur poursuivit encore:

-'L'altercation avait eu des témoins, laissé des traces qu'il aurait été facile de relier aux agresseurs, si ce n'était des déguisements dont ils avaient pris la précaution de s'envelopper.'

-'Un médecin fut appelé sur place car la dame était très mal en point. Malgré ses soins, elle ne put être sauvée. Notre entremetteur put retourner à ses activités et les deux agresseurs ne furent jamais retrouvés. '

-'C'est tout?' demanda l'homme. 'C'est la conclusion? Votre histoire est bien décevante, Docteur! Elle n'offre même pas le mérite d'avoir été distrayante. Je vous quitte donc...'

-'Asseyez-vous, Monsieur Pemberton. Il existe fort heureusement une autre version de cette histoire. Cette version est beaucoup plus instructive et captivera beaucoup plus votre intérêt que la précédente.' ajouta Watson. 'Et pour vous en assurer, elle sera racontée par une autre personne que moi.'

Suite à ces paroles, nous entendîmes s'ouvrir la porte menant à la chambre de Holmes. Un frou-frou nous informa qu'une personne de sexe féminin s'avançait dans la pièce.

-'Bonsoir, Jonas.' Un timbre agréable bien que faible résonna à nos oreilles. 'Surpris de me voir, n'est-ce pas?'

-'Qu'est-ce à dire, Docteur? Qui est cette personne?' demanda Pemberton.

-'Asseyez-vous, Monsieur, et écoutez la nouvelle fin à cette histoire. Vous me ferez le plus grand plaisir en regagnant votre siège. '

La nouvelle venue prit la parole:

-'Merci, Docteur. Si vous le permettez, j'utiliserai ce fauteuil car mes forces me trahissent. J'ai été fort ébranlée aujourd'hui et crains de ne pas me rendre au bout.'

-'Prenez ce porto, Madame, il vous soutiendra dans votre récit.' offrit Watson.

-'Encore merci, Docteur. Voici donc mon récit, Jonas. J'irai droit aux événements qui diffèrent de la version précédente: les vauriens avaient cru me laisser morte, mais j'avais tout simplement perdu connaissance sous la force des coups. Le Docteur Watson, appelé sur place, réussit à me ranimer. C'est là qu'il recueillit mon témoignage et qu'ensemble, nous résolûmes de vous confronter. Et c'est ici, Jonas, que j'affirme que vous étiez l'un des hommes qui m'ont attaquée ce matin. L'autre est votre âme damnée, votre cocher Abernathy, qui vous attend en bas.

-'C'en est assez! Je ne connais pas cette dame et ne vois pas l'intérêt de continuer à écouter ces sornettes!' dit l'homme. Au bruit qu'il fit en se levant, nous comprîmes qu'il se préparait à quitter la pièce. Cependant, la dame reprit la parole:

-'Au contraire, Jonas, vous me connaissez fort bien. J'affirme que vous êtes mon agresseur et puis le prouver. En vous acharnant sur moi, vous n'avez pas remarqué qu'à un moment je me suis agrippé à vos vêtements et, à votre insu, ai arraché un bouton de votre veston, celui-la même que vous portez. De plus, au moment où la bande vous a repoussée, Abernathy a laissé tomber son couteau. On le reconnaît facilement par les initiales qu'il a pris le soin de graver sur le manche. Vous êtes fait!'

Nous entendîmes Pemberton s'exclamer :

-'Vous croyez? C'est ce que nous verrons!'

Il s'en suivit alors une bousculade et Watson nous appela :

-'Lestrade! Au secours!'

Nous bondîmes, l'inspecteur et moi, hors de la chambre pour découvrir une scène qu'en d'autres temps j'aurais trouvée d'un bel effet comique. Watson s'interposait entre la dame et Pemberton qui les menaçait de son couteau. Le bon Docteur le repoussait en se protégeant par une chaise qu'il brandissait en la tenant par son dossier. Nous eûmes vite fait de maîtriser l'agresseur et les menottes encerclèrent rapidement ses poignets.

Watson s'approcha de la fenêtre qu'il ouvrit et, à mon grand étonnement, lança un coup de sifflet. Nous entendîmes une série d'exclamations. Je laissai notre homme au soin de l'inspecteur et m'approchai de la fenêtre où je découvris une scène tout aussi cocasse que la précédente. Le cocher était assailli par une bande de galopins sous le regard amusé de mes hommes qui s'étaient approchés. Selon mes ordres, ils eurent tôt fait d'appréhender le cocher sous les quolibets des garnements. Ceux-ci s'éloignèrent sitôt que le fourgon fit son apparition et je descendis veiller au coffrage de nos deux lascars.

Watson était descendu avec moi et nous inspectâmes le fiacre. Tout d'abord, Watson me fit remarquer un défaut à une roue du fiacre. Poussant son inspection à l'intérieur de la voiture, nous y découvrîmes des traces de sang et un étui à cigare portant les initiales 'HW' sous le siège.

Les policiers emmenèrent notre prise après quoi Watson et moi rentrâmes. Watson déposa l'étui sur la table. À la vue de cet objet, la dame, qui était restée tout ce temps dans le salon, se trouva mal. Watson lui prodigua ses soins et elle se remit vite de ses émotions.

Nous nous assîmes confortablement et je demandai avec beaucoup d'empressement à Watson de m'éclairer sur les tenants et aboutissants de cette arrestation plutôt rocambolesque.

Il s'apprêtait à prendre la parole lorsque la porte s'ouvrit et un homme pénétra dans la pièce.

-'Messieurs, je vous souhaite le bonsoir!' s'exclama celui-ci.

À l'intonation, nous identifiâmes Holmes, mais il nous fallut plusieurs minutes avant de le reconnaître, méconnaissable sous ses haillons. Celui-ci souriait de toutes ses dents qu'il arborait gâtées par le mauvais tabac. Il nous regarda tout à tour de son oeil perçant et ce qu'il ajouta me glaça le sang.

-'Eh bien! Lestrade! Il me semble que vous ayez perdu votre pari. Je suis fort impatient de lire le récit que vous ferez de l'exploit de ce bon Watson!'

-'Mais comment avez-vous pu deviner?' m'exclamai-je enfin, éberlué par une telle affirmation. 'Avez-vous écouté aux portes? Nous avez-vous suivi? Enfin, répondez, Holmes!'

Celui-ci éclata d'un rire sonore et s'éclipsa quelques minutes vers ses quartiers d'où il émergea, reconnaissable et frais comme une rose quelques minutes plus tard. Nous étions restés, Watson et moi, trop surpris pour ajouter mot, nous regardant bêtement. Holmes s'arrêta devant la dame et se présenta :

-'Sherlock Holmes, Madame. La plupart du temps, les personnes du beau sexe qui se présentent ici requièrent mes services. Je constate avec joie que ceux-ci ne vous seront pas nécessaires car votre petit problème semble réglé.'

Il n'en fallut pas plus pour que la dame éclate en sanglot et que Watson lance un regard de reproches à Holmes.

-'Voyons, Holmes. Mme Hobbs a récemment perdu un être cher et c'est grâce à son intervention que nous avons pu rendre justice.'

Holmes se confondit en excuses et je dois dire qu'il me fit particulièrement plaisir de le voir exceptionnellement pris en défaut.

-'Il semble que mes déductions soient en partie fausses. Je constate cependant que monsieur Jonas Pemberton semble être sous votre garde, Lestrade.'

-'En effet, Holmes, mais je ne saurais dire comment vous avez pu faire cette déduction!'

-'Il me sera très facile d'éclairer votre lanterne, Lestrade. Nous avons ici sur la table la canne très reconnaissable de monsieur Jonas Pemberton, homme particulièrement dangereux. J'observe que vous êtes assis confortablement dans ce fauteuil, activité tout à fait incompatible avec la présence ici de ce gentleman. Or, il n'abandonnerait pas un tel artéfact derrière lui.'

Holmes se saisit de la canne, imprima un mouvement de torsion à la poignée qui se sépara du fût et se retrouva en possession d'un redoutable stylet.

-'J'ai aussi observé de nombreuses traces dans la neige sous ma fenêtre, démontrant qu'il y a eu très récemment une grande activité. La taille et la forme des empreintes, correspondant aux chaussures réglementaires de la force, me suggèrent fortement la présence de policiers.'

-'C'est tout à fait vrai.' ajouta Watson.

-'J'en viens donc à la conclusion que monsieur Pemberton a commis la bourde tant attendue et que vous avez su en profiter.' termina Holmes en joignant les doigts et fermant les yeux.

-'Et vous avez parfaitement raison.' confirma Watson.

-'Je déduis aussi de votre air, Lestrade, que vous n'êtes pas le responsable de cet exploit. Si c'avait été le cas, vous rayonneriez.'

-'Encore exact.' s'exclama Watson.

-'J'en ai donc déduit que Watson a démontré l'étincelle dont je le soupçonnais capable.'

-'Vous avez parfaitement raison, Holmes. Comme toujours, malheureusement!' dis-je.

-'Nous voici donc à la conclusion de ce pari, fort heureusement gagné par moi et il me fera particulièrement plaisir de lire le récit que vous en ferez!' dit Holmes.

-'Mais pas avant que Watson nous ait raconté comment il a pu en arriver à ce que Pemberton se livre à nous.' ajoutai-je avec empressement.

-'Ce qu'il me fera plaisir de vous raconter. ' lança le Docteur. 'Lorsque j'arrivai sur les lieux de votre découverte, Lestrade, il me fut tout de suite évident que mes soins étaient inutiles. L'homme était bel et bien mort. Ma seconde tâche fut, en l'absence de Holmes de le remplacer dans la collecte des indices. '

-'Je constatai assez rapidement qu'aucune des personnes s'étant approchées de la victime n'était responsable de son arrivée là. Aucune autre trace de pas ne fut observée autour de la victime.'

-'Excellent, Watson!' s'exclama Holmes.

-'Mes observations suivantes consistèrent en la découverte du moyen qui avait permis de déposer la victime en ce lieu. Je me penchai sur les traces et notai que, de part et d'autre du corps, à égale distance, les traces de roues étaient plus profondes. L'espacement des sillons et des impressions plus profondes prouvaient hors de tout doute la nature du transport utilisé. Les traces montraient que la roue avant était passée avant que la victime n'apparaisse sur les lieux et que d'autre part la roue arrière était passée sur la main du malheureux, soit après son dépôt. Les traces montraient, ici un poids important, là une charge moindre.

-'Comment?' m'exclamai-je. 'Je n'avais pas remarqué ce détail!'

-'Lestrade, tout espoir de résolution d'enquête tient dans l'observation des détails. Ne vous l'ai-je pas répété si souvent?' intervint Holmes en lui lançant un regard réprobateur.

Je dois avouer que je rougis de honte à ce commentaire qui démontrait un manquement grave à mes habitudes.

Watson poursuivit :

-'J'observai ensuite que la roue arrière droite était abîmée, laissant une trace très caractéristique. Je m'empressai de noter ce détail en reportant le tracé dans mon carnet.'

Le regard que me porta Holmes lorsque je bougeai sur ma chaise me fit comprendre son nouveau reproche : je n'avais pas noté cet autre détail!

-'Je demandai à Lestrade s'il considérait enquêter sur le fiacre, ce qu'il rejeta. Je le laissai et retournai au 221b dans l'attente de votre retour, Holmes. Au matin, voyant que vous n'étiez pas rentré, je convoquai Higgins, des irréguliers. Je lui soumis le croquis du défaut de la roue, que j'avais pris la précaution de recopier à quelques exemplaires. Je crois bien qu'il serait reparti si je ne l'avais assuré que je ne faisais que lui transmettre votre demande, Holmes.'

-'Il revint, fort excité, tard dans l'après-midi en déclarant avoir trouvé le fiacre dans les circonstances les plus extraordinaires et que mes services étaientt requis de façon fort urgente. Chemin faisant, il me raconta que le fiacre avait été découvert devant un meublé où des appels à l'aide retentissaient. Higgins, fort heureusement accompagné de trois autres irréguliers, s'était précipité au secours de la femme dont on entendait la voix. Il avait réussi à repousser les attaquants et à les mettre en déroute. N'eût été de leur intervention, nous aurions eu une nouvelle victime dans cette affaire.

-'Les blessures de la dame étaient fort heureusement superficielles et, une fois remise de ses émotions, s'identifia du nom de Lizzy Hobbs. Elle nous raconta comment elle était tombée sous la coupe de Pemberton par l'entremise de Wallace, l'intérêt puis l'amour qui se développa entre ce dernier et elle-même, et finalement leur résolution de quitter l'entremetteur. Wallace l'avait quitté la veille dans l'intention de préparer leur fuite au loin. Elle ne devait plus le revoir.'

À ce moment, Mlle Hobbs intervint :

-'En revenant du poste, je reçus la visite de Pemberton accompagné d'Abernathy, son âme damnée. Le premier tentât de me convaincre de rester à son service et voyant que c'était peine perdue, il laissa la place à son cocher qui s'en prit à moi. J'appelai à l'aide pour être fort heureusement secourue par une bande de garçons qui se firent fort de repousser mes agresseurs.'

-'Nous convînmes de tendre un piège à Pemberton et son valet. Je le convoquai au 221b, appelai Lestrade et plaçai les irréguliers en embuscade dans la rue. Vous connaissez la suite, Lestrade: Pemberton se présenta, fut confondu et arrêté.' termina simplement le Docteur.

-'Merveilleux, Watson!' s'exclama Holmes. 'Je n'aurais pas fait mieux!.'

Watson rougit à ces mots et je crois bien que ce compliment fut pour lui la consécration de sa carrière auprès de Holmes, qui poursuivit :

-'Il reste cependant un détail pour lequel je n'ai aucune réponse, Holmes.' ajouta le Docteur. 'Il s'agit de la défiguration de la victime.'

-'Mon cher Watson, pour saisir la portée de ce détail, il vous aurait fallu connaître la personnalité de Jonas Pemberton. Vous avez effleuré le sujet sans trop y porter attention lorsque vous avez parlé de sa basse extraction et de ses ambitions. Pemberton est très imbu de lui-même et n'acceptait jamais la défaite, ce qui explique sa rapide ascension. Il n'acceptait jamais la rebuffade, les insultes et par-dessus tout, il n'acceptait pas de perdre la face. C'était devenu chez lui une telle obsession qu'il en faisait sa marque de commerce. Vous vous souviendrez de quelques attentats commis contre des personnes du beau sexe durant les dernières années et pour lesquels la police recherche toujours un coupable.'

-'Vous avez raison, Holmes. Je me souviens de ces sordides affaires.' ajouta Watson.

-'De votre côté, Lestrade, je n'ai aucun compliment à vous faire. Vous avez été médiocre en omettant l'observation des détails qui ont permis à Watson de trouver la solution à cette affaire. Notre seule consolation dans cette histoire sera de lire le récit que vous en ferez, conformément à notre pari!'

Voici donc terminé la relation de l'enquête complétée avec succès par Watson. Elle est et reste à ce jour l'unique exemple d'une enquête résolue par l'émule de monsieur Sherlock Holmes. Et ce récit est et restera le seul sous ma plume!