Syndrome Gilles de la Tourette

 

SGT + TDAH


Une comparaison en double-aveugle de la désipramine et placebo chez des enfants et adolescents avec un trouble de tics chronique et la comorbidité déficit d'attention/hyperactivité.


Actuellement, il n'y a pas de consensus sur le meilleur traitement à donner pour les troubles chroniques de tics avec le déficit d'attention/hyperactivité (TDAH). Pour traiter de cette affaire nous avons évalué l'antidépresseur noradrénergique tricyclique désipramine chez des enfants et des adolescents qui présentent ces troubles.

Méthode: 41 enfants et adolescents souffrant du trouble chronique des tics, dont un certain nombre de syndromes de Gilles de la Tourette, avec le TDAH comme comorbidité, ont été étudiés par un essai de 6 semaines en double aveugle, placebo contrôlé, parallèle. La désipramine était titrée en dose augmentant une fois par semaine jusqu'à maximum 3.5 mg/kg par jour.
Les symptômes TDAH et tics, ainsi que les effets secondaires, les tests de laboratoire et les paramètres cardiovasculaires étaient vérifiés une fois par semaine.

Résultats: La dose moyenne finale était de 3.4 mg/kg par jour. Il n'y a pas eu d'effets secondaires significatifs. La désipramine a diminué les symptômes cardinaux du TDAH de 42% par rapport au placebo, avec une réponse égale aux symptômes d'inattention qu'à ceux d'hyperactivité/impulsivité. 72% des patients ont vu une amélioration. De même, les symptômes tics ont diminué de 30% par rapport au placebo, avec une réponse égale des tics moteurs et des tics vocaux. 58% des patients ont vu une amélioration. Il y avait des différences petites mais statistiquement significatives dans les rythmes cardiaques et la pression artérielle.

Conclusion: la désipramine donne une amélioration robuste et cliniquement significative des troubles étudiés sans effets secondaires notoires.

Commentaire du traducteur : les symptômes TDAH des enfants SGT ont un mécanisme différent de ceux des enfants TDAH primaires. Pour cette raison, dans les études thérapeutiques, ces deux populations ne sont généralement pas mélangées. ( cette réponse est évidemment provisoire pour l'atomoxétine, tôt ou tard elle sera sans doute essayée)

Pour le reste, il est intéressant de noter qu'il n'y a pas à l'heure actuelle de consensus sur la meilleure façon de traiter des enfants SGT dans cette situation. L'effet dans l'étude décrite non plus n'est pas 100%.

 

Traduit par: Paul  Verheecke M.D.

Archives of General Psychiatry 2002 Jul;59(7):649-56

Spencer T, Biederman J, Coffey B, Crawford M, Bearman SK, Tarazi R, Faraone SV.

Unité de pharmacologie pédiatrique (ACC-725), Massachusetts General Hospital, Boston, USA