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TRAITEMENTS
Il
n'existe malheureusement pas de cure pour le syndrome de la Tourette
mais on peut cependant en traiter quelques symptômes. Il faut
prioriser la diminution des symptômes qui hypothèquent le plus la
qualité de vie et le développement de la personne. Les tics ou
autres problèmes associés doivent être compris et acceptés par
l'entourage. La personne atteinte qui ne se sent pas acceptée
tentera de contrôler ses symptômes mais il risque d'en résulter un
drainage d'énergie et un stress insupportable qui viendra exacerber
les symptômes.
TRAITEMENTS
- La médication
- La psychothérapie: familiale, comportementale
- Les groupes de support
- Les techniques de relaxation
- Les traitements alternatifs: acuponcture, chiropractie,
homéopathie, ostéopathie
Quatre principes de base doivent être respectés lorsque l'on
considère la médication.
- Les symptômes doivent être suffisamment handicapants pour
justifier la médication.
- Utiliser une approche graduelle en partant de la dose la moins
forte et la moins toxique possible.
- Traiter les symptômes prédominants dans la problématique
particulière de chaque personne atteinte.
- Ne pas viser 100% de disparition du symptôme traité mais
plutôt 70% à 90% avec la plus faible posologie.
Les médicaments
les plus fréquemment utilisés
Halopéridol (Haldol):
neuroleptique qui altère l'activité dopaminergique. Il améliore le
contrôle des tics chez les patients. Il peut causer une dyskinésie
tardive et il peut entraîner un gain de poids chez certains.
Pimozide (Orap): neuroleptique qui agit par inhibition
sélective des récepteurs dopaminergiques post-synaptiques. Il a
généralement moins d'effets secondaires que l'haldol. Il peut
entraîner un gain de poids chez certains.
Clonidine (Cataprès): anti-hypertenseur, elle inhibe la
fonction noradrénergique; elle agit aussi sur les neurones
dopaminergiques centraux. Elle réduit les symptômes moteurs et
phonatoires simples et complexes. Elle peut être efficace pour
remédier aux difficultés d'attention.
Fluoxétine (Prozac): antidépresseur qui inhibe sélectivement
les recapteurs de la sérotonine; il agit principalement sur les
obsessions/compulsions. Les effets secondaires peuvent entraîner de
la nausée et de l'hypomanie (actif, tente de faire plusieurs choses
à la fois).
Métylphénidate (Ritalin): stimulant du système nerveux
central; son action agit sur la substance réticulée qui joue un rôle
dans les mécanismes d'éveil. Il peut temporairement augmenter les
tics. Il est donné quand les symptômes d'hyperactivité dominent et
constituent ceux qui nuisent le plus aux apprentissages.
Une
polythérapie peut être donnée quand plusieurs pathologies associées
se greffent au SGT.
Les
psychothérapies
Elles peuvent être bénéfiques quand:
° l'enfant ne
peut maintenir de relation avec ses pairs;
°
il est menacé d'ostracisme à cause de ses tics moteurs et vocaux;
°
il se sent déprimé;
°
l'agressivité conduit à des perturbations émotionnelles;
°
la famille ne peut plus fonctionner.
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Une
thérapie individuelle peut être efficace pour permettre à l'enfant
atteint de comprendre son expérience et gérer sa détresse causée par
l'intrusion dans la conscience de pensées ou actions interdites ou
menaçantes à la condition qu'il soit capable d'introspection:
° pour
lui permettre de comprendre l'impact à long terme de la perturbation
du contrôle de soi, la tension créée entre lui et ses parents, la
dépression, la colère en relation avec ses pairs.
°
pour endiguer l'érosion de l'estime de soi qui bloque le
développement de son autonomie.
La
thérapie peut aider l'enfant à maintenir le sens de ce qu'il est,
son droit à l'autonomie, sa privauté, son humanité et le sens de son
expérience en situation où il se sent constamment manipulé par ses
symptômes.
Les
troubles de comportement et les troubles obsessionnels/compulsifs
sont généralement traités par la thérapie comportementale.
Une
psychothérapie familiale peut être nécessaire quand la détresse
familiale est trop grande ou quand les parents se querellent au
sujet du genre de limites à imposer à leur enfant. Le thérapeute
pourra aider ceux-ci à faire le deuil de l'intégrité de leur enfant
et même de la famille. Le thérapeute devra essayer d'aider l'enfant
et sa famille à comprendre l'anxiété et la peur qui entourent son
expérience de puissantes et mystérieuses forces. Le thérapeute
gardera l'attention de chacun sur ce qu'est l'enfant et non pas sur
son syndrome qui camoufle la vraie nature de ce dernier, développant
ainsi confiance et estime de lui-même.
Les
groupes de support
Actuellement, c'est l'alternative la plus accessible. Qui, mieux que
des parents ayant des enfants avec le SGT, peut comprendre
l'expérience de vivre avec un Tourette? Les partages d'expériences
semblables rassurent les parents qui se sentent souvent impuissants
et seuls devant cette maladie.
Les
techniques de relaxation
Puisque le
stress est un des facteurs les plus importants dans l'augmentation
des symptômes, la relaxation peut être appropriée. Les techniques
doivent être simples et ne nécessiter aucun matériel pour que la
personne puisse les utiliser dès qu'elle en éprouve le besoin.
Une pièce
d'isolement peut remplir la même fonction. Il s'agit d'un endroit
fermé où la personne peut exprimer ses tics, ses rituels, sa colère
et ses frustrations. Elle pourra alors se libérer sans avoir
l'impression de déranger les autres et pourra alors retrouver sa
concentration et son contrôle.
Les
traitements alternatifs
Il existe
peu de documentation sur les alternatives aux traitements médicaux.
On trouve néanmoins quelques exemples de traitements alternatifs qui
auraient été bénéfiques chez certains patients. Les résultats sont
encore trop anecdotiques pour en généraliser l'application. Les
effets sont toujours temporaires et circonscrits à la période de
traitement. L'effet placebo n'est pas exclu du succès de certaines
thérapies.
Quelques suggestions pour
aider un enfant tourette en classe
Les
enseignants sont souvent mal renseignés sur le syndrome. Les enfants
avec un SGT ont besoin d'une éducation appropriée et personnalisée
en fonction de chacun.
Les
tentatives pour obliger l'enfant à se contrôler ne font qu'aggraver
ses tensions et symptômes; il faut éviter la stigmatisation et le
rejet social; ignorer les tics est préférable. Il a néanmoins besoin
d'une discipline. Un encadrement ferme est nécessaire. La
surprotection et le laissez-faire sont à éviter autant qu'une
approche punitive excessive. L'établissement d'une routine et d'un
horaire fixe dans un environnement calme desquels on ne dérogera pas
facilitera un meilleur encadrement.
Une
majorité d'enfants avec un SGT arrivent à fonctionner dans des
classes normales puisque l'intelligence du patient n'est en aucun
cas affectée par la maladie. L'orthopédagogie peut cependant être
indiquée pour certains d'entre eux. Il faudra parfois accorder plus
de temps à l'étudiant pour compléter les examens et les devoirs ou
lui permettre de répondre oralement si les tics moteurs interfèrent
ou s'il présente de sérieux problèmes graphomoteurs qui rendent
pénible sa calligraphie. On pourra, dans certains cas, lui donner la
possibilité de s'isoler par moments pour récupérer et effectuer
certains tests.
Les
enfants dont la sévérité de la symptomatologie est marquée doivent
faire l'objet d'une attention soutenue de la part des intervenants
scolaires. Pour certains cas réellement problématiques,
l'intégration dans une classe régulière n'est pas toujours possible
ni même souhaitable. Ces enfants évoluent beaucoup mieux au sein de
petits groupes très structurés.


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