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Les panneaux du terrain 2D1 de Chichén Itzá
Le terrain 2D1 de Chichén Itzá est en tout point exceptionnel. D’une part, il s’agit du plus grand terrain connu de toute la Méso-Amérique (il mesure 168 mètres de long pour 70 mètres de large), et d’autre part les superstructures et les sculptures qui lui sont associées émerveillent, tant par leur beauté sculpturale que par la force expressive qui en émane.
Les six panneaux sculptés du mur est qui se trouvent sur les rebords de banquette du terrain.
Chaque panneau - trois de chaque côté de l’allée centrale - présente deux équipes de sept joueurs qui se font face de part et d’autre d’une balle en forme de tête de mort.
Les personnages ne portent pas les vêtements avec lesquels ils pourraient jouer à la balle, mais arborent au contraire des tenues cérémonielles.
Ainsi, ils sont vêtus de panaches de plumes, de boucles d’oreilles et de piques dans le nez, d’une large ceinture qui ressemble à un joug ainsi qu’une palme à iconographie zoomorphe ou à tête de mort, d’une genouillère et de sandales.
Les joueurs de l’équipe de droite portent autour du cou une sorte de collier ou pectoral en forme d’escargot et de coquillage.
De plus, les temples qui entourent le terrain, que ce soit le temple nord, celui du sud, le temple des Jaguars ou bien son annexe, présentent eux aussi des panneaux où l’on voit des personnages ressemblant fortement à ceux sculptés sur les bas-reliefs, à la différence près que ce sont des guerriers.
Enfin, si les six panneaux du terrain possèdent la même iconographie, il existe cependant une différence : les deux panneaux du centre montreraient la victoire des Mayas sur les Toltèques, tandis que les quatre panneaux restants, qui se trouvent à chaque extrémité de l’allée, illustreraient le contraire.
Autrement dit, pour employer un langage sportif, nous aurions Chichén Itzá : 2 / Visiteurs : 4, soit la victoire des Toltèques-Visiteurs sur les Mayas, comme ce fut le cas historiquement.
Dès lors le jeu de balle pourrait être un moyen de résoudre un conflit, un substitut à la guerre et à la conquête. Les panneaux du terrain 2D1 remémoreraient la lutte qui opposa Mayas et Toltèques il y a de cela mille ans.
Ces panneaux sont surtout célèbres pour la scène de décapitation qu’ils présentent.
Le chef de l’équipe de gauche vient en effet de couper la tête au chef de l’équipe adversaire dont le corps est agenouillé.
Il tient encore le couteau de silex dans la main droite et la tête sanglante dans l’autre.
Du cou du décapité surgissent sept flots de sang prenant l’aspect de six serpents et au centre une tige de plante chargée de fleurs et d’épis de mais.
Plusieurs éléments sont à remarquer.
Tout d’abord, les serpents représentent la vie et la fécondité dans la mesure où ils remplacent le sang.
Cette idée de la vie se retrouve aussi dans le rameau fleuri qui évoque le monde végétal et la fertilité.
De plus le chiffre sept (six serpents et une tige ainsi que sept joueurs par équipe) est un chiffre sacré, lié à la terre et au dieu agraire. Nous voyons dès lors que la décapitation n’est pas associé à la mort, mais au contraire à la vie et à la fertilité.
Le terrain est d’ailleurs dédié à Quetzalcóatl-Kukulcán, le dieu de l’agriculture.
Les marches d’escaliers constituent une composante fréquente du terrain car on les trouve sur la partie postérieure de la structure latérale (les spectateurs peuvent monter ainsi sur la structure latérale et assister à la rencontre), sur la partie intérieure (cela est très rare dans l’aire maya où les terrains présentent presque toujours le profil Banquette-Talus) ou sur les structures terminales.
Le motif central est une tête de mort dont la bouche de laquelle sort un ornement bifide qui rappelle une langue de serpent, arrangement vers lequel convergent à droite et à gauche sept joueurs de balle.
Les banquettes publiques sont décorées de six splendides panneaux de pierres sculptés, incrustés dans la terrasse en leur centre et aux extrémités qui nous éclairent un peu sur la signification du jeu.
Les panneaux sont des sculptures en pierre incrustées dans les terrasses ou les banquettes des terrains de jeu de balle. Ils se rencontrent aussi dans les superstructures ou aux abords des terrains et représentent la plupart du temps des joueurs en action.
L’intérieur est d’une richesse extrême, colonnes et murailles sont couvertes de bas reliefs où s’étalent de longues files de personnages.Le mur vertical au-dessus de l’entrée était soutenu par un linteau de bois.
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