Entre 25 et 30 km/h, 80 % de l'énergie que vous dépensez, sert
à combattre la force de frottement de l'air. Pour améliorer votre
rendement, il vous faut donc réduire cette force de frottement. Vous
pouvez, pour ce faire , réduire votre coefficient de frottement (être
plus aérodynamique) en diminuant l'emprise du vent (pneus étroits,
pas de garde-boue, pas de vêtements qui battent au vent etc.) et en prenant
une position aérodynamique ; mains en bas du guidon et coudes légèrement
repliés. On peut aussi réduire le frottement de l'air en roulant
dans le sillon d'un autre cycliste ou mieux, dans le sillon produit par plusieurs
cyclistes (un peloton). C'est ce qu'on appelle faire du sillonnage .
Le présent article fait l'étude des règles que nous devrions
normalement respecter lorsqu'on pratique cette technique de sillonnage. Plusieurs
livres ou revues traitent ce sujet, mais ces articles s'adressent presque toujours
à des cyclistes qui font ou qui ont l'intention de faire de la compétition.
Le contexte ici est très différent ; des cyclistes qui roulent
en groupe et qui s'entraident en utilisant entre autres cette technique de sillonnage.
On parle alors de "sillonnage cyclosportif".
1- L'efficacité du sillonnage
Le graphique ci-contre donne la vitesse d'un cycliste en fonction de la puissance
qu'il fournit . Chacune des trois courbes correspond à une situation
particulière :
Courbe A : Valable pour un cycliste qui roule seul en position standard c'est-à-dire
avec les mains sur le haut du guidon et avec les bras tendus.
Courbe B : Le cycliste roule seul, en position aérodynamique optimale.
Les mains en bas du guidon et les coudes légèrement repliés.
Courbe C : Le cycliste est en position aérodynamique et roule dans le
sillon d'un autre cycliste.
Un cycliste en bonne forme physique peut maintenir une puissance d'environ 150
watts pendant 2 à 3 heures. En position standard, sa vitesse moyenne
serait de 26 km/h et en position aérodynamique (durant tout le trajet)
sa moyenne serait de 28 km/h. Le même cycliste avec le même effort
aurait une moyenne de 35 km/h s'il faisait tout le parcours protégé
derrière un autre (sans prendre de relais !) Un gain de 9 km/h soit 34%
plus rapide en sillonnage qu'en position standard. Cet écart est d'autant
plus grand que la puissance fournie est grande. À 250 watts, le gain
serait de 11 km/h (42%).
2- Le sillonnage cyclosportif versus le sillonnage compétitif.
Plusieurs cyclistes font l'erreur de penser que le sillonnage est une activité
réservée au monde de la compétition. D'autres ne font aucune
différence entre le sillonnage de compétition et le sillonnage
utilisé durant une sortie cyclosportive. En réalité, les
compétiteurs et les cyclosportifs utilisent des techniques semblables
de sillonnage, mais leur comportement peut être différent dans
plusieurs situations particulières. Ces différences sont dues
aux buts visés par le sillonnage.
En compétition le sillonnage est utilisé afin de réduire
l'effort. On veut garder ses forces pour "clencher" l'autre au bon
moment. Le cycliste arrière est "profiteur" et celui d'en avant
fait profiter de lui. L'entraide est involontaire.
Le contexte d'une sortie cyclosportive est très différent. L'ensemble
des cyclistes forme une équipe sportive qui s'entraide le mieux possible
afin de combattre un ennemi commun : le frottement de l'air. Les cyclosportifs
font un travail d'équipe tandis que les compétiteurs sont individualistes.
De plus, le cyclosportif ne recherche pas une bonne vitesse pour gagner, mais
pour le plaisir de "vivre" cette vitesse c'est-à-dire pour
le plaisir purement sportif de rouler vite. Ces différences dans les
buts visés ont des conséquences sur le comportement de ces cyclistes.
Il faut toutefois admettre qu'en plusieurs cyclosportifs sommeille (surtout
chez les "A") un petit compétiteur. Durant les étapes
"plus chaudes" d'une sortie cyclosportive, il arrive parfois que plusieurs
ressentent, en même temps, le besoin de se comparer. Qu'à cela
ne tienne, le plaisir étant la première règle de ces regroupements,
on ne peut faire autrement que d'accepter qu'un sous-groupe d'adultes consentants
puisse occasionnellement basculer du type cyclosportif à compétitif.
3- La sillonnage est une activité qui comporte ses risques.
Mouvement et risque sont des notions indissociables. Le risque "zéro"
n'est possible qu'assis dans son salon avec casque et "jack-strap"
et entouré de tous les types de détecteurs possibles . Pour faire
une activité, il faut accepter les risques qui lui sont associés.
Oui, le sillonnage est une activité qui comporte des risques, mais moins
que de rouler en auto sur le Métropolitain durant les heures de pointe
ou de fumer un paquet de cigarettes par jour ou de faire de la descente en ski
alpin etc.
L'important n'est pas de faire que des activités à
risque "zéro", mais de limiter au maximum les risques inhérents
à une activité qu'on aime faire. Le sillonnage bien fait est peut-être
dix fois moins dangereux que du sillonnage mal fait. Les sillonneurs expérimentés
et prudents savent ce qu'il faut faire pour réduire les risques. Bien
sûr, le danger de chute n'est pas pour autant complètement éliminé,
mais la probabilité qu'elle se produise peut être ramenée
à un niveau très acceptable.
La section qui suit vous explique les comportements à avoir pour réduire
le plus possible les risques d'accidents en sillonnage. Lisez-les attentivement
et discutez-en au besoin avec d'autres cyclistes. Évidemment, la théorie
ne remplacera jamais la pratique ; l'expérience ne s'acquiert qu'en expérimentant.
4- La technique du sillonnage
Il n'est pas toujours nécessaire, lorsqu'on roule en groupe, d'appliquer
l'ensemble des règles décrites ci-dessous. Durant la période
de réchauffement ou à un moment où le groupe ralentit pour
reprendre son souffle, chaque cycliste a le réflexe de se donner une
distance de manuvre suffisante autour de lui afin de pouvoir rouler plus
décontracté. Au fur et à mesure que la vitesse augmente,
le peloton se ressert. Plus la vitesse est grande, plus les cyclistes se rapprochent
les uns des autres, plus il faut être vigilant et respectueux des règles
de base du sillonnage.
A) La régularité : règle maîtresse du sillonnage.
1 - Maintenez constante la distance entre vous et le cycliste qui vous précède.
Si vous laissez celui qui vous précède prendre de l'avance, il
vous faudra ensuite accélérer pour le rejoindre. Ceux qui sont
derrière vous devront aussi accélérer pour réussir
à vous suivre.
Évitez le plus possible d'utiliser les freins. En cas d'urgence, il est
préférable de briser la file et de se placer à côté
de la personne qui nous précède.
2 - Ayez un coup de pédale régulier. N'arrêtez pas inutilement
de pédaler.
Cesser de pédaler est pour celui qui vous suit le premier signe d'un
éventuel ralentissement. Vous lui imposez ainsi un "garde à
vous" inutile qui peut même devenir stressant à haute vitesse.
Si vous vous arrêtez souvent de pédaler vous lui enlevez alors
un indicateur important.
3 - Maintenez votre vélo sur une ligne droite, la plus régulière
possible.
Un bon rouleur se reconnaît à la régularité de sa
ligne de roulement. Il est beaucoup plus agréable de suivre un cycliste
qui respecte cette règle. Elle n'est évidemment pas facile à
respecter avec le nombre astronomique de trous que l'on retrouve sur nos chaussées
québécoises. Attention toutefois, sachez qu'il est plus sécuritaire,
lorsqu'on roule en peloton, de passer dans les petits trous que de systématiquement
essayer de les éviter. Autrement dit, en peloton il faut être moins
tatillon sur les trous que lorsqu'on roule seul. Par vent de travers avec bourrasques,
il est pratiquement impossible de maintenir une ligne droite. Essayez tout de
même de faire de votre mieux.
4 - Restez sur la ligne de roulement du cycliste qui vous précède.
Le cycliste qui vous précède vous cache une partie de la chaussée.
Vous aurez peut-être le réflexe de zigzaguer de part et d'autre
afin de continuellement vérifier l'état de la chaussée
qui se présente à vous. Cette façon de faire est épuisante
pour vous et stressante pour celui qui vous suit. Vous risquez, en plus, d'avoir
une très mauvaise surprise en passant dans un trou qui a été
frôlé par celui qui vous précède. Dites-vous que
si celui qui vous précède passe, il n'y a pas de raison pour que
vous ne passiez pas vous aussi.
B) La conduite du vélo.
5 - Ne regardez pas directement la roue du cycliste qui vous précède.
Un joueur de hockey ne doit pas regarder la rondelle directement et lorsqu'on
dactylographie un texte on ne doit pas regarder le clavier. De la même
façon, en vélo, on n'a pas à regarder directement la roue
du cycliste qui nous précède. On sait à quelle distance
on est de sa roue, mais c'est notre vision périphérique qui nous
transmet cette information.
6 - La distance entre votre roue et celle du cycliste qui vous précède
doit être d'au moins 10 à 15 centimètres et d'au plus une
longueur et demie de roue (± 1 m).
Les dix à quinze centimètres vous donnent tout juste le temps
de réagir si une variation de vitesse survient. Se maintenir aussi près
de l'autre demande beaucoup de concentration et ne peut être pratiqué
que par ceux qui ont de bons réflexes et plusieurs kilomètres
d'expérience en sillonnage. À plus d'un mètre de distance
(une roue et demie), l'effet de sillonnage est diminué de beaucoup ;
à une longueur de vélo, il n'y a pratiquement plus de sillon.
7 - Ne roulez jamais dans la zone critique du cycliste qui vous précède.
Nous avons parfois le réflexe, surtout sur les chaussées très
accidentées, de rouler légèrement à côté
de la ligne de roulement du cycliste qui nous précède de façon
à voir les trous et crevasses qu'il y a dans l'asphalte. Cette façon
de faire n'est pas mauvaise en soit, sauf qu'elle peut nous amener à
rouler avec notre roue avant juste à côté de la roue arrière
de celui qui nous précède. Nous sommes alors dans la zone de roulement
la plus dangereuse ; c'est ce qu'on appelle la zone critique.
Cette zone critique est représentée sur la figure ci-contre. On
voit sur cette figure, qu'elle est deux fois plus large que longue. Il faut
en effet comprendre que le cycliste qui nous précède peut beaucoup
plus facilement faire un déplacement brusque latéral que longitudinal.
Si vous vous donnez un minimum de 10 cm de jeu derrière la roue d'un
cycliste, il faut vous accorder au moins 20 cm de côté lorsque
votre roue chevauche la sienne.
8 - Tous les cyclistes d'un groupe doivent indiquer de la main toutes les
manuvres de virage ou d'arrêt.
Habituellement, c'est le cycliste en tête qui indique en premier un virage
ou un arrêt. Pour éviter toute confusion, il est souhaitable que
tous les cyclistes du groupe indiquent également de la main, la manuvre
à venir. Il est en effet rassurant de savoir que tous les cyclistes du
groupe savent qu'il va falloir tourner ou s'arrêter.
9 - Il est préférable de se tenir à environ 50 à
75 cm du bord de la route.
Si vous roulez trop près de la bordure de la route, vous vous enlevez
une marge de manuvre transversale qui peut, devant un imprévu quelconque,
être essentielle. De plus, si vous ne prenez pas assez de place sur la
chaussée, les automobilistes auront le réflexe (surtout durant
la rencontre de deux autos) de vous tasser sur la bordure. Finalement, avec
ce jeu du côté droit de la file, vous pourrez, surtout s'il y a
du trafic, faire vos relais à droite.
10 - Ne dépassez pas vos limites.
Le peloton roule de plus en plus vite. Au début, cette augmentation graduelle
de la vitesse est stimulante. On pousse un peu plus fort sur les pédales.
On tient bien la roue de celui qui nous précède. La concentration
est maximale. Le cur bat de plus en plus vite. On sent qu'on pousse ses
propres limites. On retire un plaisir qui ne peut pas se décrire facilement
(certains prétendent que c'est chimique). Le groupe insiste. Les plus
forts vont peut-être même lancer un sprint. Le cur bat vite,
trop vite. Il faut coller au maximum la roue de celui qui nous précède
si on veut suivre
Stop.
Il y a une limite qu'il ne faut pas dépasser, une limite au-delà
de laquelle vous roulez à tombeau ouvert. Sachez reconnaître ce
point critique et si vous l'atteignez, n'hésitez pas à décrocher.
Votre potentiel de risque est peut-être plus élevé durant
ces quelques minutes que durant tout le reste de l'été. Le sillonnage
demande une grande concentration et il est difficile, voire impossible, de la
maintenir lorsqu'on a dépassé ses limites. Attention, cette règle
ne s'adresse pas qu'aux "A". Tout le monde a des limites, c'est juste
qu'elles ne sont pas à la même vitesse pour tout le monde.
11 - En effort, ne vous laissez pas distraire et ne distrayez pas les autres
cyclistes.
Pour maintenir votre vitesse de pointe lorsque vous roulez seul, vous devez
déployer tout ce que vous avez comme force musculaire. En peloton, vous
devrez en plus utiliser toute votre concentration. Plus vous roulez vite plus
le sillonnage est important et plus vous devrez vous concentrer sur votre sillonnage.
Évitez alors tout ce qui peut vous distraire : "pitonner" sur
son cyclomètre, vérifier la position de la chaîne sur les
pignons, discuter avec un autre, chercher de la main sa bouteille d'eau, fouiller
dans sa poche pour trouver une barre tendre, observer la beauté d'un
corps de l'autre sexe (ou du sien, c'est selon) etc.
C) Les relais
Le premier cycliste en tête de peloton a nécessairement un effort
plus grand à faire que ceux derrière lui. Normalement, chaque
cycliste d'un groupe occupe cette position à tour de rôle. Lorsqu'un
cycliste laisse sa place en tête de peloton et qu'il rétrograde
vers l'arrière du peloton, on dit qu'il exécute un relais. Nous
verrons à la section suivante, qu'il y a trois façons différentes
de former un peloton (file indienne, lignes parallèles ou en éventail)
mais dans tous les cas les relais se font approximativement de la même
façon. Cette section vous explique comment il faut procéder pour
faire des relais sécuritaires et efficaces.
12- Lorsque vous prenez le relais ce n'est pas à vous d'accélérer,
mais c'est à celui qui vous précède de ralentir.
Lorsque vous prenez le relais, c'est-à-dire lorsque celui qui est devant
vous se tasse pour vous laisser prendre la tête du peloton, il y a de
grosses chances, surtout si vous n'avez pas beaucoup d'expérience, que
vous soyez porté à accélérer de quelques km/h. Une
file de cyclistes se comportant comme un ressort ou un accordéon, le
dernier à la queue aura à produire une accélération
plusieurs fois plus grande que la vôtre. Vous risquez alors de produire
un largage involontaire . Pour éviter d'avoir ce comportement vous pouvez,
lorsque vous êtes en deuxième place dans la file, vérifier
sur votre cyclomètre la vitesse à laquelle vous roulez. Lorsque
vous prenez le relais, gardez d'abord cette vitesse constante (ce n'est pas
vous qui devez accélérer, mais celui qui vous passe le relais
qui doit ralentir) tout en évaluant le niveau d'effort physique nécessaire
pour la maintenir. Si, par la suite, il y a une montée ou une descente,
c'est en principe le niveau d'effort physique qu'il faut essayer de maintenir
approximativement constant .
13 - Lorsque vous passez le relais :
· Jetez d'abord un coup d'il en arrière.
· Indiquez clairement votre intention de passer le relais à celui
qui vous suit.
· Écartez-vous très doucement de votre ligne de roulement.
· Déplacez-vous de votre ligne, que d'environ un guidon et demi.
· Rétrogradez le peloton en frôlant les équipiers.
Pour faire votre relais, choisissez sur la route un endroit où il n'y
a pas de manuvre particulière à exécuter (un intersection,
un stop, une lumière ou un chaussée particulièrement en
mauvais état). Avant de faire un relais, il est prudent de jeter un coup
d'il en arrière, du côté où vous avez l'intention
de vous déplacer afin de vous assurer qu'il n'y a pas un cycliste ou
une auto qui limiterait votre champ d'action. Vous pouvez ensuite dire "relais"
à celui qui vous suit ou l'annoncer d'un geste clair de la main, vous
écarter doucement de votre ligne de roulement et finalement ralentir
légèrement de façon à rétrograder le peloton..
Lorsqu'il y a peu de vent ou lorsqu'il est de face, il est préférable
de se déplacer vers le centre de la route. Il peut toutefois en être
autrement lorsque le vent est de côté. Nous discuterons de ce cas
particulier à la section F : " La formation en éventail ".
Il est important de ne pas quitter brusquement sa ligne de roulement. Certains
utilisent cette façon de faire afin d'indiquer clairement qu'ils laissent
la tête du peloton. Vous risquez de surprendre les troisième et
quatrième cyclistes de la file qui ne vous avaient pas initialement dans
leur champ de vision. En vous voyant vous déplacer de façon brusque,
ces cyclistes peuvent avoir l'impression qu'un obstacle majeur se trouve devant
eux, ce qui peut provoquer un ralentissement soudain de tout le peloton.
Pendant que vous descendez vers l'arrière du peloton, vous devez rester
relativement serré sur lui. Votre propre sillon sert alors à tour
de rôle à tous les cyclistes du groupe et dès le début
de la descente, vis-à-vis le 2e ou 3e cycliste, vous commencez vous aussi
à utiliser la partie latérale de leur sillon.
14 - Si vous ne voulez pas faire les relais :
· Vous devez rester derrière le groupe afin de ne pas monter dans
la file jusqu'à sa tête.
· Si vous n'êtes pas à la queue d'une file, il est préférable
de vous rendre à la tête de la file et de faire un relais très
court de 20 à 30 sec.
Si vous trouvez que le groupe roule trop vite pour vous, vous devez éviter
de prendre les relais. Pour ne pas avoir à faire de relais, il ne faut
pas que vous montiez vers l'avant de la ligne. Il vous faut donc rester derrière
le groupe. Pour ce, lorsque celui qui vient de faire le relais descend le groupe,
vous devez
laisser devant vous un trou afin qu'il puisse s'insérer dans la ligne.
Il est possible, s'il ne connaît pas vos intentions, que vous ayez besoin
de lui dire de se placer devant vous.
Évitez de vous rendre jusqu'en deuxième position de la file et
de refuser de faire le relais en demandant à celui qui vous suit de le
prendre à votre place. Cette façon de faire crée une confusion
dans le groupe et brise inévitablement le rythme. Dans cette situation,
faites plutôt un relais très court (20 à 30 secondes) et
restez ensuite à la fin de la file.
D) La tête du peloton.
Le salaire d'un pilote d'un Boeing 747 est d'environ $100 000 par année.
Il reçoit un salaire élevé en grande partie parce qu'il
a une grande responsabilité. En tête de peloton, vous pouvez vous
considérer comme un pilote de Boeing (salaire en moins).
Rouler à la tête d'un peloton est malgré les apparences
beaucoup plus exigeant que de rouler seul. Il faut être concentré,
prévenant et le plus stable possible.
15 - En tête de peloton, vous devez :
· Maintenir une vitesse la plus régulière possible.
· Indiquer clairement les virages et les arrêts.
· Indiquer, en pointant du doigt, les trous et les crevasses dangereuses.
· Devant un obstacle (piéton, voiture stationnée, etc.)
indiquer d'un mouvement de la main qu'il faut s'éloigner du bord de la
route.
· Ne jamais s'écarter brusquement lorsqu'il y a un obstacle sur
la route.
· Surveiller les chiens qui pourraient avoir la tentation de venir jouer
aux quilles avec le peloton.
16 - Pour augmenter la vitesse du peloton vous devez :
· Vous assurer que l'ensemble des cyclistes du peloton est capable d'absorber
ce gain de vitesse.
· L'augmenter très graduellement, un km/h à la fois.
· Ne jamais le faire juste après avoir pris le relais.
Comme au hockey, comme au football, comme au lit d'ailleurs, il faut savoir
faire corps avec le reste du groupe. À quoi bon augmenter la vitesse
et finalement se retrouver seul ou à deux trois en avant du peloton ?
Rappelez-vous qu'une sortie cyclosportive n'est pas une course .
Si après avoir augmenté la vitesse durant votre relais, vous réalisez
que le groupe revient à la vitesse qu'il avait avant, c'est probablement
parce qu'il ne veut pas rouler plus vite.
E) Formation en file indienne
La formation en file indienne est celle qu'on doit utiliser lorsqu'il y a trop
de trafic pour pouvoir circuler à deux cyclistes de large. Cette formation
est la plus simple des trois formations possibles et a l'avantage de n'utiliser
qu'une bande étroite du bord de la route (un cycliste de large en formation
et deux de large durant les relais) Elle a l'inconvénient de produire
des files très longues, lorsque le nombre de cyclistes est élevé
(plus d'une dizaine). De plus, l'effet de sillonnage est plus faible dans cette
formation que dans la formation à deux lignes parallèles.
F) Formation de deux lignes parallèles.
17 - Il est préférable, pour un groupe de six cyclistes ou plus,
de rouler en formation de deux lignes parallèles.
Une file de cyclistes trop longue produit beaucoup d'effet de ressort, ce qui
peut, à la longue, devenir épuisant. Le roulement à deux
lignes est alors plus confortable et l'effet de sillonnage est plus efficace.
Cette formation a aussi l'avantage de vous laisser côtoyer le même
cycliste pendant une bonne partie du parcours. Elle a l'inconvénient
de prendre beaucoup de place sur la route puisqu'au moment du relais, il y a
quatre cyclistes de large. Lorsque les conditions le permettent, c'est généralement
ce type de formation que les cyclistes préfèrent.
Dans une formation à deux lignes, on peut faire les relais deux par deux
ou par roulement du groupe.
18 - Relais deux par deux : Dans ces relais, le cycliste de gauche se déplace à gauche et celui de droite, à droite : le peloton passe ainsi entre les deux cyclistes qui font le relais. Pour faire ce type de relais il faut être sur une route très peu achalandée puisque durant le relais il y a quatre cycliste de large. C'est ce type de relais qui est le plus utilisé.
19- Relais par roulement : Pour faire des relais par roulement, il faut que
la ligne de droite remonte lentement la ligne de gauche jusqu'à ce que
le cycliste d'en avant puisse se tasser à gauche. Celui qui est en arrière
à gauche se tasse alors dans la ligne de droite. Ce manège peut
évidemment se répéter indéfiniment. C'est ce qu'on
appelle faire la roue.
Le relais par roulement est plus difficile et demande des cyclistes un peu plus
expérimentés. Il est important que tous les cyclistes du groupe
soient conscients des manuvres à exécuter.
Faire la roue avec des relais très courts est la façon la plus
rapide de rouler en groupe de cinq à dix cyclistes. Aussitôt qu'on
a atteint la première place de la ligne montante, on se déplace
dans la ligne descendante du groupe. De cette façon, chaque cycliste
reste très peu de temps face au vent (20 à 30 secondes) ce qui
permet à tout le groupe de rouler très rapidement. C'est la formation
à utiliser, entre autres, lorsque vous êtes un petit groupe qui
veut en rejoindre un autre.
G) Formation en éventail.
20 - Par vent de côté, il est préférable de former
un éventail plutôt que de rouler en file indienne.
Si le vent vient de la gauche, le cycliste de tête se place près
du centre de la route ; s'il vient de la droite, il doit être à
la bordure de la route. Tous les cyclistes roulent assez près les uns
des autres en plaçant leur roue avant à mi-chemin de la roue arrière
de celui qui les précède.
21 - En formation d'éventail, il est particulièrement important
de garder une ligne de roulement la plus droite possible et d'éviter
tous déplacements transversaux brusques.
Si vous vous déplacez transversalement, le cycliste qui vous suit sera
obligé de faire la même chose, mais avec possiblement un déplacement
un peu plus prononcé que le vôtre. Cet effet d'amplification du
déplacement peut donner des sueurs froides à ceux qui sont à
la queue de l'éventail.
22 - En formation d'éventail, il faut prendre les relais du côté
d'où vient le vent.
Sinon, vous seriez obligé d'accélérer avant de faire votre
relais. (voir la figure)
23 - Par vent de côté, si le groupe est trop gros pour un éventail
simple, il faut se placer en formation d'éventail double et faire des
relais en changeant d'éventail. On fait la roue en éventail.
La formation en éventail ne fonctionne pas bien lorsque le groupe est
trop gros (plus de 7 ou 8). Les derniers, à la queue de l'éventail,
sont alors en bordure de route et ne peuvent pas profiter du sillon de ceux
qui les précèdent.
Il est alors préférable de faire deux éventails un derrière
l'autre et de faire des relais en changeant d'éventail. Comme pour la
roue, il est nécessaire que tous les cyclistes du groupe soient conscients
des manuvres à exécuter (voir règle 19).
5- Le sillonneur expérimenté
La lecture du présent texte n'a pas fait de vous un sillonneur expérimenté.
L'apprentissage de cette technique ne se fait que sur plusieurs milliers de
kilomètres de vélo en groupe. Le sillonnage est un sport pour
les cyclistes comme le hockey est un sport pour ceux qui savent patiner. Vous
pouvez être un très bon cycliste sans être un bon sillonneur.
Il n'y a que ceux qui ont passé des centaines d'heures à écouter
de la musique qui peuvent se considérer comme des vrais mélomanes.
Vous pourrez, de la même façon, vous considérer comme un
vrai bon sillonneur expérimenté lorsque vous aurez passé
plusieurs heures à rouler en groupe et à découvrir toutes
les facettes du sillonnage.
Bonne randonnée,
Jacques Martel.
P.S. : Aurais-je oublié quelque chose qui, selon vous, est important
? Êtes-vous plus ou moins d'accord avec un des éléments
du présent texte ?
Tous les commentaires qui peuvent m'aider à améliorer cet article
sont les bienvenus.
Mon adresse électronique : marjac@videotron.ca