La Franc-Maçonnerie

Une fraternité de bâtisseurs

D’aucuns veulent rattacher l’origine de la franc-maçonnerie née au XVIIIe siècle aux corporations médiévales de bâtisseurs : ce serait ces artisans, fervents catholique, qui, au XIVe siècle en Angleterre et en Écosse en auront posé les fondations.

Histoire d’un mot

Les origines de la franc-maçonnerie sont anglo-saxonnes. On ne trouve la première trace du mot « franc-maçon » qu’en 1376 sous la forme anglaise de Freemason.

Enjeu de débats sur la nature originelle de la franc-maçonnerie, le mot a connu des interprétations étymologiques les plus variées.

La première défendue par les historiens anglais, voit dans freemason un sculpteur plus habile que les autres, taillant la freestone, pierre très tendre calcaire utilisée pour les croisées à rosace alors que le travail de la pierre dure était laissé au labeur d’ouvriers moins qualifiés.

Selon la seconde, il faut voir dans le freemason un homme libre (le préfixe « free » semble l’attester), un ouvrier hors du commun, bénéficiant des franchises accordées par l’Église ou les souverains.

En tout cas, les tailleurs de pierre étaient des artisans tenus en haute estime par l’Église et les rois qui les employaient.

Un Art royal

Les francs-maçons opératifs travaillent selon des règles précises, ne laissant rien au hasard, scrutant les secrets de la pierre pour gagner les sphères à l’authentique spiritualité.

Il leur faut du courage pour mener à bien des projets gigantesques, mais aussi la foi et par dessus tout la rigueur et la discipline alliées à une solide connaissance de l’architecture et de la géométrie.

Rien d’étonnant à ce qu’ils assimilent l’art de bâtir à la géométrie, l’Art royal par excellence, et que, encore de nos jours, la maçonnerie soit désignée par ces termes déjà présents dans les anciens devoirs ou old charges.

L’art de la construction est vraiment royal parce que les princes et les rois en tant que maîtres d’ouvrages le tiennent pour tel.

Du chantier à la loge

Les old charges ou anciens devoirs nous renseignent sur la nature de la franc-maçonnerie médiévale, quelques 150 manuscrits anglais s’échelonnant du XIVe siècle au XVIIIe siècle à la fois codes de conduites, récits légendaires nous font plonger dans la vie quotidienne des maçons.

Tous les documents nous apprennent que les maçons se réunissaient dans des loges, des locaux installés à côté du chantier. Ils s’y transmettaient les secrets du métier sous l’autorité du maître maçon qui formait et soutenait les apprentis.

On demeurait apprenti plusieurs années avant d’être reconnu compagnon.

Les frères se devaient d’être loyaux, respectueux, honnête et plein d’ardeur au travail sous peine d’être exclus de la guilde des maçons.

De cette époque dateraient les landmarks, ou frontières, au-delà desquelles il n’y aurait plus de véritable franc-maçonnerie : croyance en Dieu, respect de la loi morale, composition masculine des loges, obligation du secret.

Les maçons acceptés

Au cours du XVIIe siècle, les loges anglaises reviennent peu à peu à la vie sous l’effet d’une métamorphose : des hommes de biens et des hommes de lois, des personnes bien pensantes et des penseurs sont admis aux réunions des maçons. Ces nouveaux membres sont dits « acceptés ».

La franc-maçonnerie se transformait en s’agrégeant ces nouveaux membres épris d’idées nouvelles, les outils des maçons opératifs devenaient symboles, appelés à modeler et à forger les consciences plutôt qu’à tailler les pierres.

Commence alors l’histoire de la maçonnerie moderne dite aussi « spéculative ».

Le 24 juin 1717, jour de la St-Jean, les membres de quatre loges londoniens se réunissent dans une taverne et fondent la Grande Loge de Londres. C’est la première obédience maçonnique, c’est-à-dire le premier groupement de loge.

En 1721, le grand maître de la grande loge de Londres demande à James Anderson, un pasteur de l’église presbytérienne écossaise de compiler les « old charges » (anciens devoirs) des maçons opératifs et de rédiger de nouvelles constitutions, et en 1723, il publiera sous son nom « The constitutions of the freemasons ».

Dans ce texte, la maçonnerie est définie comme le « centre d’union et le moyen de concilier une véritable amitié entre des personnes qui, autrement, seraient demeurées à une perpétuelle distance ».

La Fraternité était ainsi prônée.

Text Box: LA LOGE RENAISSANCE # 119
Visiteur numero: