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Textes poétiques
pour le coeur qui bat au rythme
de la vie...
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Accent
Fierté de ce que je suis. De ce que je
transporte avec moi. Fierté de me tenir droite et de proclamer bien haut ma
couleur.
Je suis fière de mes saisons démarquées.
Je le dis.
Je suis fière de la chaleur de mes émotions. Je l’écris.
Je suis fière de la joie de vivre dans nos maisons. Je la chante.
Je suis fière de ma langue. Je la parle.
Je suis fière de mes espaces. Je les découvre.
J’aime les accents. La musique des mots
différente de ma propre chanson. La couleur d’un pays fredonnée pour
exprimer la pensée et traduire l’émotion.
J’aime l’accent haut réclamé comme un
porte-étendard de fierté et d’identité. L’accent d’une enfance ancrée au
fond de soi et dont on reconnaît le murmure dans une foule loin de chez
soi.
Partout où je vais, je transporte
avec moi mon pays, sa culture et sa langue.
Partout où je vais, l’autre découvre mon pays avant de me découvrir.
Partout où je vais, je suis l’ambassadeur de ma terre et de ceux qui
l’habitent.
Partout où je vais, je deviens un peu ceux rencontrés et ils deviennent un
peu qui je suis…
marilau


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Le cours d’eau
C’est un
cours d’eau différent des autres parce que c’est le mien. Unique comme
l’est chacun des nous. Tantôt le mien est calme. Un miroir. Sans un
remous. Lisse.
Tantôt le
mien est ruisseau et coule joyeux au son des oiseaux qui l’habitent. Au son
des arbres qui longent sa rive. Coule et roucoule mon ruisseau joyeux au
fil des jours heureux. Sans histoire et sans peur.
Tantôt le mien est rivière et fleuve. Court et court
vers l’océan. Ouvert vers le monde. Ouvert vers d’autres cultures.
D’autres voix. D’autres pays. Menton levé, débit accéléré, il va frondeur
et sans peur chercher ailleurs richesse intérieure.
Tantôt le mien est océan. Majestueux et invitant.
Dangereux et captivant. Océan qui devient tempête et bouscule tout sans
égard. Aveugle de tout. Emporte, détruit, meurtrit… Déchaîné d’angoisse et
de destruction.
Mais le mien, océan, fleuve, rivière, ruisseau, cours
d’eau est aussi goutte d’eau.
Goutte d’eau
qui guérit…
Goutte d’eau
pleine de vie…
marilau

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Arbres de vie
Entre eux, les arbres se parlent de souffle et de vie
en respirations et murmures.
Entre eux, les arbres frôlent leurs branches et caressent leurs feuilles.
Entre eux, les arbres s’élèvent toujours plus haut et concurrencent dans le
ciel.
Entre eux, les arbres frissonnent au bruit de la hache et au son de la scie.
Entre eux, les arbres s’accueillent dans un concert de froissement et de
réconfort.
Entre eux, je suis debout, la tête levée et le regard
rempli de reconnaissance.
Privilégiée de respirer l’odeur de la terre et de crier ma joie d’être
vivante.
Je touche un tronc du bout des doigts, je m’approche, je l’étreins.
J’appuie ma joue contre l’écorce, je sens la sève couler dans mes veines.
Je me sens arbre et racine.
Je me sens naître et vivre.
Je me sens libre et libérée.
Une feuille se détache, voltige et se pose tout
doucement à mes pieds. Mon regard la fait vivre encore un peu.
Un pic-bois se fait entendre un peu plus loin.
Est-il l’ami de mes arbres vivants ?Je l’écoute chanter son labeur.
Entre eux, les arbres se parlent de beauté.
Je les regarde.
Je les touche.
Je les écoute.
Ils me parlent.
Ils sont arbres de vie.
Ils sont mes amis.
marilau

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Bêtes à poil et à peau
Il était une fois un chien au museau tout
noir et tout poilu. Mélange de labrador et de terre-neuve. Mélange de
hauteur et de candeur. Il se prénommait Blacky. Un jour du fond de son
chenil, il choisit Sophie. Tout petit Blacky pour la toute petite Sophie.
Blacky en laisse traînait Sophie dans les rues près du logis. Tout petit
Blacky se réfugiait dans le lit de Sophie. C’était son petit nid à lui.
Pour Sophie, l’amour naquit et depuis, c’est pour la vie.
Chatte Charlotte toute rigolote tournait autour de la
pelote
Chatte Charlotte devint pâlotte devant le gros chien coyote
Souris grise
Queue de cerise
Qui s’épuise
Dans l’église
Parole d’éléphant
Qui nourrit les cancans
Langue de serpent
Qui répand le méchant
Morale de ces comptines : Vaut mieux parfois se frotter le museau plutôt
que de laisser sortir des paroles de venin.
marilau


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Le trou noir
En plongeant dans le trou noir, je
cherche la lumière. Je ne vois rien… J’avance et j’espère. Je sais qu’une
lueur jaillira. Il me suffit d’être patiente. D’avancer à tâtons sans me
décourager. D’effleurer ce qui m’entoure. De laisser mes yeux s’habituer à
la noirceur et de m’en faire une alliée plutôt qu’une frayeur.
J’avance doucement et j’attends.
J’avance prudemment et je continue d'espérer. Je tâte les aspérités, je
découvre les imperfections. Je préfère cela plutôt que d’avancer sur une
surface lisse de vie. Et soudain, il est là ce point de lumière tout
là-bas. J’ai gagné ! Je n’ai jamais cessé d’espérer qu’au bout de ce trou
noir, il y aurait une lueur. Il ne suffisait que de laisser le temps
passer. Il ne suffisait que d’avancer malgré la peur et malgré les
embûches. Vivre d’espérance…Vivre en sachant que la lumière finit toujours
par triompher de la noirceur. Que le jour finit toujours par gagner sa
guerre contre la nuit. Je n’ai qu’à suivre ce point de lumière et laisser
mes yeux s’habituer de nouveau à la clarté.
Je suis envahie de nouveau par la vie !
Je suis éblouie !
marilau

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Flush de couleurs
Y fait pas beau aujourd'hui. C'est gris, noir et
blanc. Toutes sortes de blanc, toutes sortes de noir. Blanc terne du ciel
couvert, blanc sale des flaques d'eau, noir brun des arbres nus, noir fermé
des fenêtres sur la rue.
Y fait pas beau aujourd'hui. La couleur est absente
du paysage. La vie avec son flush de couleurs a tourné le dos ! Envolées
les couleurs accroche-l’œil ! Les couleurs pour séduire, pour motiver, pour
pétiller, pour différencier, pour diversifier.
Y fait pas beau aujourd'hui. La vie en noir et blanc
est triste. Quand la vie nous envoie des coups durs, des moments difficiles
à passer, même la couleur on la voit en noir et blanc. Les couleurs les
plus éclatantes n'accrochent plus le regard. Nos yeux sont tournés vers
l'intérieur, vers le chagrin et la peine. On ne voit pas les yeux
bleus, verts, pers, bruns qui nous regardent. On ne voit pas les mains
blanches, bronzées, tachées, rousselées qui se tendent vers nous. On ne
voit qu'une âme cachée sous un ciel couvert. On regarde l'amour perdu,
l'attente déçue, le passé tordu. On ne voit pas l'amour acquis, la vie qui
bat, la force en soi.
Y fait pas beau aujourd'hui. C'est gris,
c'est noir et blanc. Toutes sortes de blanc, toutes sortes de noir. Blanc
écume de l'eau du ruisseau. Noir ébène de la route qui nous mène. Car même
quand c'est gris, blanc ou noir, il y a de l'espoir. Quand la
santé est dans le corps, le coeur et l'âme aident la main à ouvrir le rideau
sur l'arc-en-ciel de la vie et sur la beauté des blancs marbrés, des noirs de
jais, des jaunes iris, des verts tendres, des rouges de feu et des bleus acier.
marilau


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L'adolescente
Mes yeux sont cernés
Mon visage rousselé
Ma taille trop épaisse
Et mon cœur trop en laisse
J’ai envie de me
glisser
Et de pleurer comme une possédée
J’ai envie de chanter
Et de crier comme une enragée
J’en ai assez, j’en ai assez
Qu’on ne me comprenne pas
J’en ai assez
Qu’on ne m’accepte pas
J’en ai assez
Qu’on ne me regarde pas
Oui, j’en ai assez
Et pourtant, j’aime
vivre
Marcher et rire
Aller à l’école
Écouter la télévision
Répondre une colle
Quand on me pose des questions
Mais je suis prisonnière de moi-même
De mes pensées, des autres même
J’aimerais m’évader
Et aller contempler
Les gens d’un autre pays
Des personnes qui rient
Qui comprennent, qui acceptent
Qui regardent une vie replète
Comme une vie remplie d’imprévues
Et qui n’est qu’une vie d’ingénue
Je l’aimerais ce pays
Je l’adopterais à ma vue
Comme une folie
Qui m’aurait envahie
J’aimerais donner,
donner
Tout ce que j’ai et j’aurai
À celui qui saura
Me comprendre et m’accepter
Comme une personne de bonne volonté
Qui lui aurait donné la joie
De regarder et d’aimer
marilau 15 ans


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Balade
Protégeons nos enfants
Contre marées et vents
Gardons leurs yeux géants
Et leurs sourires vivants
Protégeons nos petits
Ici et aujourd’hui
Sans guerre et sans cris
Sans éclats et sans bruit
Protégeons les enfances
Pour demain sans souffrance
Pour nourrir tolérance
Indulgence et patience

J’aurais voulu te dire que tu n’es pas seule
J’aurais voulu te dire que tu es aimée
Pour m’aider je prends cette feuille
Que je décore de mon amitié
Dans le lointain
Je vois deux mains
Je vois leurs yeux
Ils sont heureux

Tu es pierre précieuse dans son écrin
Tu es fleur robuste sur le chemin
Tu es argile façonnée lentement
Tu es boue éclaircie tendrement
Tu es une main, un cœur, un corps
Tu es pensée, livre, bouton d’or
Tu es beauté, force et emblème
Tu es toi et l'autre parce que tu aimes

Haine amoureuse
Ténèbre d’étoiles
Lune ensoleillée
Caresses désirées
Orage de passion
Neige de pluie
Obsession...
Tu me hantes Majesté de Molière
Parole, je te veux !
marilau

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Cœur à tout
Mon univers se termine au bout
de mon regard et au bout des rêves qui l’habitent. Il y a des jours où mon
univers se limite à moi seule. Mes yeux se ferment alors à tout ce qui est
lumière. Jours de peine et jours de deuil. Deuil de ce qui n’existe plus.
Deuil de ce qui ne vient pas. Ces jours de nuit sont sans bruit et sans
vie.
Il y a des jours où mon univers s’étend jusqu’au bout de la terre.
J’endosse alors mes ailes d’espace et j’ouvre mes yeux à tout ce qui s’offre
à moi. Ces jours de grand vent, mon cœur n’est pas assez grand. Il explose
d’horizons à explorer et de gens à découvrir. Ces jours de soleil sont
remplis de joie et de sourires.
Mon univers se termine au bout
de mon cœur. Habité de sensibilité et façonné d’émotions. Entre mes jours
de nuit et mes jours de soleil, mon cœur colore les saisons de sa couleur et
de son humeur. Chaque heure apporte son labeur et sa douceur.
Mon cœur
cicatrice pleure ses moments de mélancolie et laisse la place à mon cœur
solitude qui soigne ses instants de tristesse. Courageux, mon cœur apaisé
taille sa place à coups de sérénité et partage ses battements avec mon cœur
joyeux qui scande ses secondes d’amour et d’amitié.
L’univers
de mon coeur bat au rythme de ma vie. Gorgé d’amour, de liberté et riche de
jours accumulés. Il ne souffre que d’un tout petit essoufflement pour lui rappeler qu’il doit se reposer de temps en temps
de toutes ses peurs et de toutes ses douleurs…
marilau


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Noël... clopin-clopant

L'être humain ressent le besoin de se mettre des jalons dans le temps
Des petits rubans rouges sur quelques dates pour mieux vivre le présent
Pour regarder intensément et pas seulement voir furtivement
Parents, enfants, époux, amants, chandelles, présents et soupers d’antan

Noël, fête chrétienne prétexte aux échanges et aux étrennes
qui célèbre la naissance et
la paix
et qui favorise les réunions familiales, la fraternité et le partage.

Noël, c’est croire...
Croire en la vie et en soi.
Croire que l'important, ce n'est pas d'arriver mais de se rendre.
Croire et aimer croire que tout est possible.

Pour elle, le Noël idyllique serait d’en savourer chaque instant
sans la nostalgie d'hier et la peur de demain.

Un sapin vert
Boules de couleur
Câlin d'hiver
Chaleur au coeur

Les bébés grandissent
Les enfants vieillissent
Les Pères Noël passent
Noël se lasse

Lorsque je dépouille mon arbre de Noël de ses décorations,
un peu de mon enfance s'envole à chaque fois.

Noël, fête des enfants...
Mais des milliers d’enfants n'ont jamais célébré Noël.
Des milliers d’enfants voient la vie à travers un prisme de larmes.
Des milliers d'enfants vivent la douleur de ne pas avoir et de ne pas
pouvoir .
Je leur dédie ce poème composé il y a bien des années
par une jeune fille de 16 ans qui rêvait d’absolu.
Les enfants du quartier
Ils s'amusent dans des ruelles
infectes
Remplies d'ordures, de déchets et d'insectes
Leur vie est une immense mare de boue
Qu'ils essaient d'éclaircir chaque jour
Mais qui toujours aboutit à un trou
Profond, creux et vidé d'un amour
Enfance et adolescence dénuées de beauté
Qui se passent dans le vice et la pauvreté
Ils vivent dans un climat tapageur
Et cherchent ailleurs le bonheur
En perpétuelle attente de l'heure
Où ils seront libérés de leurs peurs
Ces filles qui voudraient nous ressembler
Ont toutes au fond de leur coeur
De la jalousie, de la rancoeur
Pour avoir été moins privilégiées, moins aimées
Elles cavalent les rues en quête de plaisir
Et cherchent en vain ce qu'on appelle le rire
Les enfants du quartier sont là
Traînant la patte, l'air un peu las
Plusieurs d'entre eux ont des vies de débauchés
Des vies de putains, de voleurs, de malins
Qu'ils essaient parfois d'améliorer
Mais avec au coeur, un restant de venin
marilau


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L’amour
L’amour ! Ah
l’amour ! Ce besoin que nous avons tous d’aimer et d’être aimé… L’amour, si
fragile qu’on ose à peine y toucher…Si sensible qu’on a peur de l’échapper…
Parfois on le serre un peu trop fort mais souvent on lui murmure des mots
doux et on le caresse de gestes tendres. Il y a des jours où il nous fait
rire et d’autres où il nous fait pleurer. À la moindre rafale, il chancelle
et s’éloigne mais revient la plupart du temps... Quelquefois il s’en va,
sans répondre aux pourquoi. Lorsqu’il nous quitte, il laisse derrière lui
pleurs et moments de bonheurs. Il devient alors pour un temps, sournois et
rusé et entretient une amitié féroce avec le hasard, cet insaisissable. Si
un jour il réapparaît, le coeur explose de joie et si l’amour est partagé,
on voudrait crier des « je t’aime » au monde entier ! S’il décide de rester
pour un long moment, le « nous » remplace le « je » dans la conjugaison de
l’attachement. Mais aimer signifie aussi le respect de l’autre lorsqu'il est
différent du « nous », car l’amour passion, plaisir et tendresse peut se
transformer en amour attente, tourment et souffrance.
Bien
sûr, l’amour n’est pas uniquement dans le regard posé sur l’être trouvé et
aimé… Il éclate dès le réveil, lorsque le jour nous appartient dans ce
qu’il a de plus lumineux. Il se camoufle dans les mots offerts tel un
cadeau enrobé d’inattendu. Il s’incarne dans l’oiseau qui chante tous les
refrains du ciel et il rayonne de mille feux dans un champ de tournesols par
une journée de grand soleil.
Sans
bruit, l’amour se glisse furtivement dans le regard aimant de nos proches et
dans la complicité partagée avec des amis. Il accueille volontiers l’autre
qui arrive à l’improviste, invité des yeux si affinité du cœur... Il se
cache discret dans la douceur de celui qui aide et dans le sourire de celle
qui soigne. Et il respire tellement en soi lorsque le regard s’ouvre sur
tout ce qui est beau, vivant, créatif et passionnant !
Mais
l’amour inconditionnel et absolu, c’est lorsque notre enfant, même devenu
grand, pose pour un instant sa tête sur notre épaule… ou lorsque la main
toute menue de notre petite-fille nous prend par le doigt et nous entraîne
dans la magie de son univers...
Pour s’ouvrir à
tout cet amour qui nous entoure, il faut d’abord être bien avec soi-même...
Cliché mais vérité… Et pour y arriver, il faut se reconnaître en toute
franchise, encourager ses forces et pardonner ses faiblesses.
L’amour de soi…
Décider de devenir un batailleur acharné pour sortir grand gagnant
de cette vie qui nous est donnée.
L’amour des
autres…
Désirer et contribuer au bonheur de ceux et celles que l’on choisit d’aimer.
L’amour de la vie…
Vivre le moment présent avec les yeux brillants de l’éclat d’un printemps
constamment renouvelé.
Amour...
Savoure... Toujours…
marilau


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La lune ne se lèvera pas
Cette nuit, la lune ne se lèvera pas.
Mon ciel obscurci par de lourds nuages opaques, obstrue ma vue. Je ne vois
plus rien… Ni le soleil qui se lève le matin sans que je le sache, ni l’eau
du ruisseau qui court vers le fleuve sans que je l’entende. Je suis fermée
à tout. Les yeux bouchés à la beauté qui m'entoure, la bouche crispée sur
mes cris de
douleur et les doigts serrés sur ma colère et ma peine. Je ne regarde plus si
quelqu'un est là pour me tendre la main. Ma porte est cadenassée à double tour et mes fenêtres sont
verrouillées à tout ce qui m’entoure.
Je ne ressens que torpeur et je laisse la frayeur devenir terreur. Jours
gris, noirs, ébènes… Jours où je m’enfonce dans la boue visqueuse du drame
quand il éclabousse en plein visage et laisse le cœur vidé de tout.
Je n’accepte que le temps... J’espère
les secondes, les minutes, les heures... J’attends que le temps avance pour
qu’il m’éloigne du malheur. Seul le temps qui passe laissera filtrer un pâle
rayon de lumière sous ma porte calfeutrée. Le futur du temps ouvrira peu à peu ma main pour laisser échapper les tissons de la brûlure
qui me consume et forcera mes yeux à s’ouvrir sur ce que je ne vois plus.
Je n’accepte que les aiguilles du temps qui fuit pour
réapprendre les étoiles, le soleil et l’amour...
La
lune ne se lèvera pas... tant que le temps ne mette le temps pour apprivoiser
ta mort et ressusciter ma vie…
marilau


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Lily 2 ans !
Petits yeux bridés
Mains derrière le dos
Faite pour chanter
Lilly soprano
Do ré mi fa sol
Saut et cabriole
Faite pour danser
Lilly a do ré
Papa tourne et roule
Maman perd la boule
Musique et mimiques
Lilly dynamique
Mamie fait fon-fon
Broccoli ballon
Partout passe-carreau
Lilly fait dodo
marilau


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La voile comme la vie
Les marins le savent... Barrer un voilier,
c'est comme mener sa vie...
Je garde le cap... Je me fixe un but et
j'apporte des corrections à la route choisie en fonction de la direction du
vent, même si certains jours il ne souffle pas tel que je l'avais prévu.
Je reconnais alors mes propres repères comme autant de balises placées tout
au long de ma vie pour éviter les écueils. Je lâche du lest pour alléger la charge
lorsque les jours s'alourdissent de nuages de pluie et j'utilise les
bouées qui m'entourent pour ne pas dériver au gré d'orages occasionnels et
violents. Les noeuds marins présentent la
caractéristique de toujours pouvoir se défaire... Je ne prends rien pour
acquis. J'accepte de voir des noeuds que je croyais solides se dénouer lorsque la tempête rugit et me fait déroger de ma
trajectoire.
D'autres jours, le ciel est bleu et le temps est
calme... Je garde l'allure en bordant la voile et je me laisse tout
doucement bercer par la houle. Lorsque la direction est claire et la
route dégagée, je deviens alors la vigie de mon horizon et le capitaine de
mon équilibre. Je n'hésite pas à virer de bord lorsque la direction
choisie ne me convient plus. Je suis à l'écoute du vent du sud qui
souffle en moi pour bien manoeuvrer afin d'amarrer mon voilier à tous les
quais où je décide de débarquer. Je trouve mon point d'écoute
avec les gens qui m'entourent et je l'oriente en fonction d'un vent commun.
Je conserve solides les attaches de ceux et celles qui m'accompagnent dans
la complicité et le partage.
Et à la nuit tombée, je jette l'ancre au plus profond
de moi après une journée où j'aurai navigué au mieux de mes capacités,
satisfaite du plan d'eau choisi et heureuse du chemin parcouru.
Les marins le savent...
Barrer un voilier,
c'est comme mener sa vie...
Il suffit de trouver son cap et de le garder...
marilau

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Un soleil
Un jour, j’ai
mis au monde un soleil
Un bijou tout joufflu, une merveille
Un jour, j’ai
mis au monde un enfant
Une fleur au sourire éclatant
Un jour, j’ai
mis au monde un amour
Un trésor qui m’appelle sa mamour
À toi ma fille
chérie, je dis
Préserve la beauté dans ta vie
Éloigne les
pensées négatives
Aime, profite, ris, sème et cultive
Ne cherche pas
autour de toi la faille
Ton bonheur tu en tricotes les mailles...
Sois heureuse
toujours
Ta maman, ta mamour
marilau

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Mon ruisseau
Par la fenêtre ouverte, je contemple le ruisseau qui
coule au pied de mon appartement. Ce bout d’eau appartient à tous mais je
l’appelle "mon" ruisseau. Il gronde puissant au printemps comme la vie qui
renaît et qui coule à flots dans tous les pores de la peau. Il faiblit
l’été et s’assèche les jours de canicule. Il devient alors une gorge
assoiffée qui attend le nectar qui la rafraîchira. Et puis arrive l’automne
qui surprend mon ruisseau et lui redonne la vigueur de son printemps passé.
Il se hâte alors de courir son chemin, pressé de bouger avant que l’hiver ne
le glace dans son immobilité.
Mon ruisseau me ressemble. Tantôt plein de vie,
d’énergie et de fracas. À d'autres moments, il cherche avidement un
ailleurs meilleur où l’horizon sera aussi immense que l’océan qui l'attend.
Mon ruisseau coule lui aussi solitaire mais entouré de toutes parts d’arbres
aux branches chargées de feuilles différentes où se déposent des oiseaux
multicolores aux mille mélodies.
J’entends mon ruisseau plus que je le regarde. Il
m’accompagne partout dans ma rêverie. Il chante la musique des mots que
j’écris et improvise la trame sonore de ce que je vis. Mon ruisseau est mon
oasis. Je m’abreuve à sa beauté et je m’inspire de son rythme. Je me
perds à le regarder et je me retrouve à l’écouter. Après l’hiver, je le
redécouvre. De nouveau, il me charme et m’accompagne. Les milliers de
gouttes d’eau de mon ruisseau me montrent le chemin de la vie. Toujours
vers l'avant. Toujours vers plus grand. Toujours en mouvement...
marilau

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