L'Honorable Marcel Crête

Juge-en-chef de la Cour d'appel du Québec


Marcel Crête est né à La Tuque le 31 mai 1915 du mariage de Alphida Crête, optométriste, et de Marie-Jeanne Paquin. Il avait à peine un an lorsque ses parents se sont établis à Grand-Mère.

Ses études


Me Marcel Crête a fait ses études primaires à l'Académie Sacré-Cœur de Grand-Mère, et ses études secondaires (cours classique) au Séminaire des Trois-Rivières où il obtint son B.A. en 1934. Il fit, par la suite, ses études universitaires à la faculté de droit de l'Université Laval où il obtint sa licence en droit en 1937.

Il est admis au Barreau la même année (1937).

Voulant se perfectionner en droit fédéral, il part immédiatement pour Toronto, où il est inscrit au Osgoode Hall Law School pour l'année académique 1937-38.

Son mariage


C'est là qu'il rencontra Mlle Berthe Godin, qui devait devenir Mme Marcel Crête. Le juge Crête a épousé à Toronto le 14 juin 1941 (à Sacré-Cœur), Berthe Godin, fille d'Hector L. Godin, industriel, et d'Amanda Girard.

Ils auront quatre enfants: Louis, aujourd'hui avocat à l'étude Clarkson, Tétrault de Montréal; Marie, traductrice à la compagnie Sidbec; Lucile, traductrice à la compagnie Wabush Mine; et Raymonde, avocate, professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval.

Parcours professionnel


Ses études terminées à Toronto, il exerça sa profession d'avocat de 1938 à 1940. En 1940, il est engagé par la ville de Grand-Mère comme secrétaire-trésorier. En 1944, il est élu président du Jeune Barreau de Trois-Rivières.

En 1951, il remet sa démission comme secrétaire-trésorier de la ville de Grand-Mère pour consacrer plus de temps à son bureau d'avocat. Le conseil municipal a réussi à lui faire reporter d'un an cette démission. Donc il quitte son poste de secrétaire-trésorier en 1952.

Les 5 années suivantes, il pratiqua seul. En mai 1957, il se joint à l'étude légale constituée de Me Auguste Désilets (ex-bâtonnier général de la province) et de Me Denis Lévesque (maintenant juge de la Cour supérieure à Montréal) et forme la nouvelle étude Désilets, Crête et Lévesque.

En 1960, il est nommé procureur de la couronne à Grand-Mère.

Nommé juge à la Cour Supérieure du district judiciaire de Trois-Rivières le 14 juin 1966, il était élevé à la Cour d'appel du Québec, à Montréal, le 28 janvier 1972.

Il a été promu juge en chef de la province et de la Cour d'appel le premier mai 1980, succédant à l'honorable juge en chef G.-Edouard Rinfret. Il est entré en fonction le 12 mai.

Ce poste, du point de vue protocolaire, est le 3ème en importance dans la hiérarchie sociale de la province, après ceux de lieutenant-gouverneur et de premier ministre.

Dès 1981, soit à peine un an après sa nomination, il doit affronter la cause probablement la plus importante de sa carrière: sous sa direction, la Cour d'Appel du Québec décide à 4 contre 1 qu'Ottawa a le pouvoir d'amender et de rapatrier la constitution canadienne sans le consentement des provinces. 

En 1986, il reçoit la Médaille du Barreau. Instituée en 1982, la Médaille du Barreau souligne la contribution exceptionnelle de juristes québécois à l'avancement du droit et de son exercice et constitue la plus haute distinction décernée par le Barreau à un juriste.

Il sera juge en chef de la Cour d'appel du Québec du 12 mai 1980 au 11 mars 1988, donc jusqu'à son décès

Dans le Journal de Montréal du 16 mars 1988, on mentionne que la salle d'audience du 17è étage du Palais de Justice de Montréal où Marcel Crête a siégé durant huit ans sera désignée dorénavant "La salle d'audience MARCEL CRÊTE".

Avis de décès

Me Marcel Crête

À l'Hôtel-Dieu de Montréal, le 11 mars 1988, est décédé l'Honorable Marcel Crête, juge en chef du Québec, à l'âge de 72 ans. Outre son épouse Berthe Godin, il laisse ses enfants Louis, Marie (Bernard Soucy), Lucille et Raymonde; ses frères Léo (Lucienne Lacoursière), et Robert, prêtre; ses sœurs Jeannine (Gaston Desroches), Pauline Degrobois, et Louise (Roger Dandurand); ses belles-sœurs Rolande Nobert et sœur Louise Godin; ses beaux-frères: Dr Conrad Godin et Rainald Godin.

À sa demande, le défunt ne sera pas exposé. Une messe de requiem aura lieu à la Basilique Notre-Dame de Montréal (Place d'Armes) le mardi 15 mars à 13h30. Les funérailles seront célébrées en l'église St-Paul de Grand-Mère le mercredi 16 mars à 14 heures.

Mot de la fin


"J'ai eu le bonheur de le connaître personnellement, je dois dire que j'appréciais énormément son intelligence vive, son sens de la répartie, son sens de l'humour sans égal. Au point de vue moral, sa bonté n'avait d'égale que son humilité. Il était d'une simplicité désarmante. Il manque énormément à ceux qui l'ont connu."  Georges Crête

Sources:

  • Le Nouvelliste, 12 avril 1941, Supplément, page 16: Artisans du progrès de la vallée du St-Maurice.
  • Le Nouvelliste, 29 avril 1944, page 3: Me Marcel Crête élu président du Jeune Barreau.
  • Le Nouvelliste, 19 juillet 1951, page 6: Me Marcel Crête, sec.-trés., a offert sa démission.
  • Le Nouvelliste, 26 août 1952, page 6: Me Marcel Crête démissionne comme secrétaire de Grand-Mère.
  • Le Nouvelliste, 30 août 1960, page 5: Nouveau procureur de la Couronne à Grand-Mère.
  • Le Nouvelliste, 12 avril 1977, page 8: Le juge Marcel Crête, président d'honneur des fêtes de l'amicale.
  • Le Nouvelliste, 3 mai 1980, page 3: Nomination à la Cour d'appel.
  • Le Nouvelliste, 14 mars 1988 : Avis de décès.

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